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Devoir de mémoire : le Temple du peuple, où la folie sectaire de l’homme qui se prenait pour Jésus-Christ « Le 18 novembre 1978, Jim Jones, gourou américain de la secte du Temple du peuple, poussait au suicide 914 fidèles à Guyana, en Amérique du Sud, soit la plus grande perte humaine des États-Unis avant les attentats du 11 septembre 2001 »

Jim Jones avait un rêve on ne peut plus noble : réunir les Noirs et les Blancs, en pleine Amérique ségrégationniste. Mettre fin au racisme, rendre les gens heureux, les soigner, les aider. Ces vœux pieux ont été réalisés un temps, avant que ce pasteur américain ne dérive à la fin des années 70.

Né dans l’Indiana en 1931 dans un milieu très pauvre, Jim Jones, de son vrai nom James Warren Jones, a grandi dans un milieu religieux. Dès l’adolescence, il se met à prêcher auprès des autres enfants. Il est membre de l’église pentecostale du mouvement charismatique évangélique. À 19 ans, il épouse une infirmière. Intéressé par le milieu médical, il abandonne peu à peu ses convictions religieuses au profit du communisme. Puis il découvre l’église méthodiste et décide en 1952 de devenir pasteur, avant d’abandonner le méthodisme pour le pentecôtisme. 

Le Temple du Peuple (Peoples Temple) est une secte fondée par le révérend Jim Jones en 1955, à Indianapolis, aux États-Unis. La secte adhère en 1960 à la fédération d’Églises protestantes des Disciples du Christ, bien que Jones critique de plus en plus ouvertement le christianisme, rendant l’orientation de l’église plus politique que religieuse. Elle s’installe ensuite en Californie, d’abord à Ukiah puis à San Francisco. 

Dans chaque ville, Jones recrute des populations différentes : d’abord des familles majoritairement blanches, puis des étudiants blancs utopistes et ayant reçu une instruction poussée, enfin un grand nombre d’habitants noirs de milieux défavorisés, dont beaucoup d’anciens accros à l’héroïne traités dans le centre de désintoxication régi par le Temple du Peuple. La secte revendique également une inspiration communiste et antiraciste. En 1974, le Temple du Peuple achète des terres au Guyana : elles servent de lieu d’établissement d’une communauté agricole appelée Jonestown. Le 1er août 1977, Jim Jones y déménage avec l’ensemble de sa congrégation pour fuir une couverture médiatique de plus en plus négative, qui se concentre sur les abus physiques et moraux subis par ses fidèles. 

Jones alimente une théorie du complot visant à faire croire aux fidèles que la CIA persécute la secte et arrêtera toute personne qui voudrait la quitter, et que les articles de presse sont commandités par les chrétiens américains racistes. Le 18 novembre 1978, un membre du congrès américain, Leo Ryan, vient à Jonestown pour enquêter sur la secte après avoir reçu plusieurs plaintes de la part de déserteurs et de proches de fidèles. Il est assassiné lors d’une fusillade à l’aéroport de Port Kaituma, alors qu’il quitte le camp ; trois journalistes et une détectrice meurent aussi dans l’embuscade. 

Le soir même, Jim Jones force le suicide collectif d’environ 910 fidèles sur place, majoritairement par empoisonnement au cyanure de potassium, avant d’être abattu par balle, probablement à sa demande. On compte une vingtaine de survivants à Jonestown.

le Temple du peuple

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