Durant l’ère de l’esclavage, une pratique impliquait des filles/femmes Noires/Africaines, mais cette pratique est restée longtemps cachée par les historiens Blancs/Occidentaux. On n’en parle quasiment jamais; son aspect caché n’apparaît que dans les recoins de l’histoire. En effet, les esclavagistes Blancs/Occidentaux sélectionnaient certaines jeunes filles/femmes selon des critères prédéfinis pour allaiter leurs enfants. On les appelait alors « Esclaves allaitantes »; tel était leur rôle.
Comment cela fonctionnait-il ? Pour l’allaitement, le sein droit était exclusivement réservé aux enfants Noirs/Africains et le sein gauche aux enfants Blancs/Occidentaux. Malheureusement, une fois adultes, ces enfants Blancs/Occidentaux reproduisaient cette même haine. Ils devenaient racistes envers leurs mères adoptives ou allaitantes et n’hésitaient pas à les traiter de sauvages, de singes, de négresses (alors qu’ils les nourrissaient). Comment est-il possible de haïr les seins qui nous ont nourris ?? Seuls les Blancs/Occidentaux en sont capables, pas les Noirs/Africains.
Pour les femmes des colons, allaiter était souvent perçu comme une tâche ingrate, voire dégradante. Posséder une esclave pour allaiter son enfant était un symbole de richesse et de statut social. Cette histoire a longtemps été passée sous silence. Au cours du XIXe siècle et pendant une grande partie du XXe siècle, l’historiographie occidentale a eu tendance à idéaliser cette figure à travers le stéréotype de la « Mammy » (la servante Noire souriante, dévouée et aimante au service des enfants Blancs/Occidentaux) afin de masquer la violence du système.
Aujourd’hui, ce sujet n’est plus du tout tabou. De nombreuses historiennes, spécialistes de l’histoire des femmes et des études Afro-Américaines (comme les travaux de l’UNESCO sur l’histoire de la traite négrière), ont largement documenté cette exploitation reproductive. Cette violence historique explique également, selon plusieurs études de santé publique, un traumatisme intergénérationnel qui influence depuis longtemps le rapport à l’allaitement chez les femmes d’ascendance Noire/Africaine.

