Un rappel de l’histoire : La légende raconte que, lorsqu’il fut envoyé au Katanga, il affronta une bête mangeuse d’hommes qui avait dévoré plusieurs personnes, ainsi que les trois soldats qui avaient tenté de la tuer. Justin Kokolo, déterminé et plein d’assurance, alla jusqu’à partir seul à la recherche du lion dans la forêt, le traqua et le tua. Les circonstances de sa mort : nous sommes à Léopoldville, et les tensions montent entre les autorités congolaises et les membres de l’ambassade du Ghana.
Le commandement de l’ONU au Kongo a exigé la libération de M. Mensah, arrêté en possession de documents adressés par M. Antoine Gizenga à M. Patrice Lumumba. Cette tension a culminé le vendredi 18 novembre 1960. M. Nussbaumer, commissaire général de l’Intérieur, a annoncé la rupture des relations diplomatiques entre le Kongo et le Ghana; M. Welbeck et son personnel ont été sommés de quitter le Congo au plus tard le 21 novembre. M. Nussbaumer a justifié cette décision en affirmant que les documents saisis sur M. Mensah contenaient, entre autres, des plans d’invasion du Katanga. Cependant, le samedi 19 novembre, le ministère des Affaires étrangères a démenti la rupture des relations diplomatiques avec le Ghana. Il ne s’agissait que de l’expulsion de MM. Welbeck, Djinn et Botsio, déjà déclarés « Persona non grata » par le président Kasa-Vubu le 4 octobre. Ainsi, le lundi 21 novembre 1960, la crise des relations entre le Kongo et le Ghana atteignit un point extrêmement critique. Le colonel Mobutu déclara que M. Welbeck devait quitter le pays. Ce dernier refusa d’obtempérer sans instructions de son gouvernement; des soldats tunisiens renforcèrent la garde ghanéenne autour de sa résidence.
Le diplomate ghanéen n’ayant pas respecté le délai imparti pour quitter le Congo, Mobutu chercha à l’expulser de force. Peu avant 16 heures, Kokolo fut chargé de cette mission. Le colonel Kokolo se rendit à la résidence de M. Welbeck pour exiger son départ. Les gardes (soldats de l’ONU) refusèrent de le laisser entrer. Homme de devoir, Justin Kokolo devait accomplir sa mission. C’est en tentant de forcer le passage qu’il fut atteint par une balle lors d’un échange de tirs entre les soldats de son escorte et ceux de l’ONU, et tué par des soldats de la garde onusienne. Ce fut le signal d’un affrontement entre l’armée Kongolaise et le contingent de l’ONU, qui se poursuivit jusqu’au lendemain, mardi 22 novembre, à 6 heures du matin. Le même mardi, à 8 heures, M. Welbeck quitta finalement Léopoldville pour Accra, au Ghana, et le général Alexander, commandant du détachement ghanéen de l’ONU, partit également cet après-midi-là.
Après la cérémonie religieuse qui s’est déroulée à l’église protestante de Gambela pour le repos de son âme, et la messe célébrée à l’église Sainte-Marie pour le repos des âmes de trois autres soldats tombés à ses côtés, le colonel Kokolo a été inhumé au cimetière de Makala. Tous les membres du Collège des commissaires généraux, ainsi que le colonel Mobutu, étaient présents. Dans son allocution prononcée devant les tombes des soldats au cimetière de Makala, M. Ferdinand Kazadi, commissaire général à la Défense nationale, a remercié le colonel Kokolo pour son dévouement sans faille qui a toujours caractérisé sa vie et a rappelé qu’il était « Une victime de son devoir », tombé au champ d’honneur sous les balles des communistes ghanéens.
La mort du lieutenant-colonel Kokolo a provoqué une profonde amertume à Léopoldville (Kinshasa). Par la suite, les incidents se sont multipliés entre l’ONUC et l’ANC, tant à Léopoldville que dans les provinces ; ces incidents étaient d’autant plus graves que l’armée Kongolaise restait indisciplinée et divisée en factions rivales, chacune suivant un chef politique. Le colonel Kokolo a laissé une famille nombreuse de dix enfants, parmi lesquels David Kokolo (colonel), Jacques Kokolo (pasteur), Dieudonné Kokolo, Isidore Kokolo; Etc.
Le lieutenant-colonel Kokolo fut un pionnier de l’aumônerie protestante. Il fut le premier à fonder des églises dans les camps militaires. C’est avec lui et quelques autres que l’histoire de l’aumônerie au sein de l’armée Kongolaise a commencé. Il convient également de noter qu’outre le fait que l’ancien Camp Léopold II porte désormais le nom de Kokolo, l’un des bateaux de l’Onatra portait également son nom. Un monument en son honneur a été érigé au Bas-Kongo. Wemba-koy Okonda, Derrick Mossi, Feza La Grâce Divine et Ammafricaworld Centrale.


