Prenons l’exemple de la famille Dumas. Considérant que Césette, la mère du général Dumas, appartenait à la première génération, que son fils métis (issu du mariage de Césette avec le marquis de La Pailleterie, un Français d’origine Européenne) était de la deuxième génération, et qu’Alexandre Dumas, fils du général Dumas et d’une Française d’origine Européenne originaire de Villers-Cotterêts, était de la troisième génération, on observe qu’Alexandre Dumas, l’écrivain, était perçu, de par son phénotype, comme un Afro-descendant, contrairement à son fils, Alexandre Dumas fils, qui, blond aux yeux bleus, pouvait passer pour un Européen (ce qui ne l’empêchait pas de se revendiquer Afro-descendant, mais c’était un choix).
La troisième observation soulève une autre question : faut-il compter parmi les Afro-Français ceux qui ne sont pas naturalisés, que leur statut soit légal ou non ?? Compte tenu de ces observations, on peut estimer, de manière très approximative, qu’en France métropolitaine, on compte au moins 1 200 000 Afro-Français originaires des départements et territoires d’outre-mer (environ un tiers par génération), 10 000 Haïtiens et 1 900 000 personnes originaires d’Afrique subsaharienne (en tenant compte des personnes non naturalisées, quel que soit leur statut, soit un total de 3 110 000 Afro-Français en France métropolitaine).
À ce chiffre, il faut ajouter 1 200 000 Français d’origine Africaine résidant dans les territoires d’outre-mer et 40 000 Haïtiens. Au total, on compte probablement au moins 4 350 000 Afro-Français, soit environ 6,6 % de la population Française. Parmi ces Afro-Français, plus de la moitié sont des Français d’outre-mer ou originaires des territoires d’outre-mer, et donc au moins 3,3 % sont des descendants d’esclaves.


