KONGOLISOLO
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Devoir de Mémoire – Album de l’indépendance : Entre le 17 juin, jour où les deux chambres se sont réunis pour la première fois, et le 27 juin, jour de la prestation de serment de Kasa-Vubu comme président du Kongo indépendant, toutes les institutions nationales avaient été mises en place (conformément à la Loi fondamentale, avant la date de l’indépendance, le pays disposait d’un chef d’État, d’un gouvernement, d’un parlement bicaméral et était prêt à rejoindre la communauté des nations libres); « Chaque jour qui passait, le Kongo faisait un pas vers sa souveraineté internationale (le mardi 21 juin 1960, le Premier ministre Patrice Lumumba se réjouissait avec d’autres députés lumumbistes après l’élection de Joseph Kasongo du MNC-L au poste de président de la Chambre des représentants avec 74 voix contre 58 pour Jean Bolikango du PUNA) » … (VIDÉO)

Un troisième candidat a obtenu une voix. Quatre personnes étaient absentes. Joseph Iléo (MNC-K/UNIMO) a été élu président du Sénat le mercredi 22 juin, au troisième tour de scrutin, avec 41 voix contre 39 pour Mokengele (MNC-L). Quatre personnes étaient absentes. Et le vendredi 24 juin 1960, Kasavubu a été investi : élu président du Kongo indépendant par les deux chambres réunies en congrès avec 159 voix contre 43 pour Jean Bolikango (PUNA), 11 abstentions et 8 absents, Joseph Kasa-Vubu a été conduit à la tribune où il s’est immédiatement adressé aux parlementaires : « Ce n’est pas sans émotion que je vous remercie de cette marque de sympathie ».

Présenté aux députés par Lumumba le 23 juin à 23h00, le gouvernement n’a obtenu la confiance des parlementaires qu’à 2h00 du matin. L’administration Lumumba a été approuvée par la Chambre des représentants avec 74 voix pour, 1 contre, 5 abstentions et 57 absents, et par le Sénat avec 60 voix pour, 12 contre, 8 abstentions et 4 absents. Lumumba et ses ministres ont ensuite prêté serment d’allégeance au chef de l’État et se sont engagés à respecter les lois de la nation Kongolaise.

Contraint d’inclure ses opposants dans son cabinet, ce premier gouvernement d’union nationale comprenait des membres de plusieurs partis. Sa composition était la suivante :

  • Premier ministre et ministre de la Défense nationale : Patrice Lumumba (MNC/L);
  • Vice-Premier ministre : Antoine Gizenga (PSA);
  • Ministre d’État. « Paul Bolya (PNP); Georges Grenfell (MNC/L); Charles Kisolekele (ABAKO); André Genge (PUNA) »;
  • Affaires économiques et du Plan : Aloïs Kabangi (MUB)
  • Affaires étrangères : Justin Bomboko (UNIMO)
  • Affaires foncières : Alexandre Mahamba (MNC/L)
  • Affaires sociales : Antoine Ngwenza (PUNA)
  • Agriculture : Joseph Lutula (MNC/L)
  • Commerce extérieur : Marcel Bisukiro (CEREA)
  • Communications : Alphonse Salong (MNC/L)
  • Éducation nationale et des Beaux-Arts : Pierre Mulele (PSA)
  • Finances : Pascal Nkayi (ABAKO)
  • Information et des Affaires culturelles : Anicet Kashamura (CEREA)
  • Intérieur : Christophe Gbenyé (MNC/L)
  • Jeunesse et des Sports : Maurice Mopolo (MNC/L-CEREA)
  • Justice : Rémy Mwamba (BALUBAKAT)
  • Mines : Edmond Rudahindwa (REKO)
  • Ministre délégué à l’ONU : Thomas Kanza (université)
  • Ministre résidant en Belgique chargé des relations entre la Belgique et le Congo : Albert Delvaux (LUKA)
  • Santé publique : Grégoire Kamanga (COAKA)
  • Travail : Joachim Masena (PSA)
  • Travaux publics : Alphonse Ilunga (UNCSecrétaires d’État
  • À la Coordination économique et au Plan : Alphonse Nguvulu (PP)
  • À la Défense nationale : Albert Nyembo (CONAKAT)
  • À la Justice : Maximilien Liongo (APIC)
  • À la Présidence : Joseph-Désiré Mobutu (MNC/L)
  • À l’Information et aux Affaires culturelles : Antoine-Roger Bolamba (MNC/L)
  • Au Commerce extérieur : Antoine Kiwewa (MNC/L)
  • Aux Affaires, étrangères : André Mandy (université)
  • Aux Finances : André Tshibangu (université)

L’indépendance du Kongo, proclamée le 30 juin 1960, est indissociable de la figure de Patrice Lumumba, son premier Premier ministre. Lors de la cérémonie, ce dernier prononça un discours historique dénonçant les injustices coloniales belges, marquant ainsi une rupture avec le ton paternaliste du roi Baudouin. Ce discours, vibrant plaidoyer pour l’émancipation Kongolaise et témoignage des souffrances endurées, célébrait la lutte pour la liberté, mais précipita finalement sa chute. Perçu comme un affront par les Belges, il conduisit à son arrestation et à son assassinat en janvier 1961, faisant de lui un martyr de l’anticolonialisme.

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