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Devoir de Mémoire – Dressons le portrait de Jésus-Christ dans le futur : Que restera-t-il de sa figure dans mille ans ? Il est probable que, dans quelques siècles, des rites et des dogmes tels que la consommation du corps et du sang d’une figure présentée comme le Fils de Dieu/Jésus seront considérés avec perplexité, voire comme des pratiques archaïques. (La génération future pourrait y voir une forme de barbarie symbolique, tout comme nous jugeons aujourd’hui obsolètes les croyances antiques qui vénéraient les pierres et les troncs d’arbres, auxquelles les peuples du passé adhéraient sincèrement); « Cependant, beaucoup de ces croyances sont désormais reléguées au rang de mythes ou de superstitions. Il est donc légitime de se demander si la figure de Jésus le Sauveur ne subira pas le même sort, celui d’un symbole dont le sens se perd avec le temps. (Après deux millénaires d’allégories, de réinterprétations et de dogmes rigides, il est devenu nécessaire de déconstruire cette figure, non par haine, mais pour redécouvrir une vérité plus libre, moins imprégnée de mystification) »

Chers frères et sœurs Noirs/Africains, libérons nos esprits de l’idolâtrie aveugle, questionnons les récits sacrés et replaçons les figures religieuses dans leur contexte historique. Cela exige également lucidité et émancipation intellectuelle. Il est temps aussi de remettre sérieusement en question l’image construite autour de Jésus au fil des siècles. Derrière les récits sacrés, les textes dogmatiques et les traditions religieuses, n’y a-t-il pas eu exagération, distorsion, aliénation, voire manipulation ?? Parallèlement, il est important de noter l’évolution du rapport à la religion en Occident. Dans la plupart des pays Européens, les églises sont presque vides. Les messes attirent rarement plus d’une centaine de fidèles. De nombreuses églises sont aujourd’hui transformées en bibliothèques, en lieux culturels, ou même louées, souvent à des pasteurs Noirs/Africains encore très pieux.

Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui commencent à remettre en question la figure de Jésus-Christ, y compris ceux qui ont grandi dans des traditions qui le vénèrent. Même dans les récits symboliques, certains personnages qui lui sont proches expriment désormais leurs doutes : ont-ils été trompés ou guidés par la vérité ?? Ce questionnement, aussi brutal soit-il, reflète un profond besoin de vérité et de libération. Tandis que les sociétés occidentales s’éloignent progressivement des dogmes religieux, certains Noirs/Africains continuent d’adhérer avec zèle à ces doctrines, sans toujours s’interroger sur leurs origines, leurs effets ou leurs véritables intentions. L’ignorance et le manque de curiosité intellectuelle demeurent des obstacles majeurs à l’émancipation du continent. Il est temps que cette lucidité atteigne chacun. Puisse ceux qui s’interrogent sur leur foi et leur héritage spirituel être encouragés à lire, à chercher, à réfléchir. Car c’est par la connaissance, et non par une soumission aveugle, que nous nous élevons.

Nos chers frères et sœurs Noirs/Africains, prenons un moment pour réfléchir ensemble. Nos croyances sont importantes dans notre vie quotidienne, mais elles ne doivent pas nous empêcher de penser par nous-mêmes. Nzambé/Dieu vous a déjà tout donné. Si certains s’inquiètent des anges ou de Satan, il est essentiel de se rappeler que le plus grand pouvoir est déjà en vous. Il vous suffit d’apprendre à l’utiliser. Il est vrai que la religion occupe une place centrale dans la vie de nombreux Noirs/Africains. Chacun la pratique à sa manière, par la prière, la transe, les rituels ou d’autres formes de spiritualité. C’est une question de liberté individuelle. Mais posons-nous une question simple : sommes-nous croyants, religieux ou spirituels ?? Il est important de faire la distinction :

  • 1. Les Croyants : Ce sont des personnes qui croient en Nzambé/Dieu, un être suprême, sans nécessairement adhérer à une religion particulière. Ils reconnaissent simplement l’existence d’une puissance supérieure;
  • 2. Les personnes religieuses : Elles suivent leur religion avec rigueur, parfois même de manière rigide. Elles jugent souvent les autres, se croyant dans le vrai, mais oublient qu’elles aussi ont des défauts. Nul n’est parfait;
  • 3. Les personnes spirituelles : Elles croient également en une puissance supérieure, mais elles abordent la vie avec plus de recul. Elles recherchent l’épanouissement intérieur sans imposer leurs convictions à autrui. Elles savent que les êtres humains sont fondamentalement imparfaits. Elles croient que rien n’arrive par hasard et qu’elles ont une mission sur Terre.

Malheureusement, les personnes Noires/Africaines sont souvent perçues comme très religieuses, mais peu spirituelles. Elles sont promptes à juger, à imiter sans comprendre et à se fermer l’esprit au lieu de l’ouvrir. Elles ressemblent aux pharisiens de la Bible. Ces derniers traînèrent une femme accusée d’adultère devant Jésus, exigeant qu’elle soit punie. Mais ils oublièrent d’amener l’homme impliqué dans le même acte. Et Jésus répondit simplement : « Que celui qui est sans péché jette la première pierre ». Ce passage nous montre que tant que nous persisterons dans le jugement, l’hypocrisie et l’inaction, rien ne changera. Nous devons redécouvrir l’esprit de l’eau : souple, pur, adaptable et profond.

Il est vrai que les personnes religieuses suivent un certain protocole et accordent une grande importance aux apparences. À l’inverse, les personnes spirituelles se distinguent par leur ouverture d’esprit et leur conscience que l’humanité doit rester humble et à sa juste place. Le comportement de certains Noirs/Africains en est une illustration frappante. Lorsque des articles sont publiés sur KongoLisolo, nombreux sont ceux qui s’empressent de juger leur contenu ou les images qui y sont associées, invoquant inutilement Nzambé. Mais qui sommes-nous pour prédire le sort de quelqu’un ?? Ou pour affirmer qu’une telle personne finira en enfer ?? Certains aiment évoquer le péché de la chair, comme s’il englobait à lui seul toute la notion de culpabilité.

Cependant, selon la tradition chrétienne Occidentale, il existe sept péchés capitaux. Pour en comprendre les origines, il faut remonter aux alentours de l’an 400, lorsque le moine Évagre le Pontique identifia huit passions ou pensées mauvaises : la cupidité, l’impureté, l’avarice, la mélancolie, la colère, la paresse, la vanité et l’orgueil. Plus tard, vers l’an 600, le pape Grégoire le Grand réduisit cette liste à sept péchés capitaux, plaçant l’orgueil au premier rang. Cette classification fut définitivement établie au XIIIe siècle par Thomas d’Aquin, un frère dominicain, et demeure depuis lors une référence dans la tradition chrétienne Occidentale.

Le vrai problème, c’est que la religion est souvent mal utilisée par les Noirs/Africains. Cette approche erronée n’est-elle pas en partie responsable de nos souffrances ?? Nzambé/Dieu disait : « Fais le premier pas, je ferai le second ». Mais nous avons du mal à appliquer cette règle simple. Prenons un exemple concret : « Si un enfant demande un cadeau précieux et que ses parents lui demandent, en échange, de ramener de bonnes notes, acceptera-t-il le cadeau sans tenir sa promesse ?? Non ». Il en va de même pour nous : « On ne peut pas espérer des bénédictions sans effort ». Il est temps d’arrêter de tout vouloir sans rien donner en retour.

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