Le récit de Sinouhé : Un héros de Retenou vint me défier dans mon propre camp. C’était un champion sans égal, qui avait soumis tous les peuples. Il déclara vouloir me combattre car il comptait me voler et s’emparer de mon bétail. Sur les conseils de sa tribu, il s’avança vers moi, et je l’attendis, me tenant près de lui. Tous les cœurs brûlaient d’admiration pour moi; hommes et femmes murmuraient. Tous étaient malades de douleur à mon sujet. Alors, il leva son bouclier, sa hache, et me lança une volée de javelots. Ses flèches s’élevèrent, l’une après l’autre, en vain. Puis il chargea. Je tirai à mon tour ; une flèche se logea dans son cou. Il poussa un cri en tombant face contre terre, et je l’achevai de ma hache, poussant mon cri de guerre triomphant au-dessus de son dos. « Tous les Asiatiques acclamèrent Muntu ! »
Voici, maintenant la tradition populaire du combat de David contre Goliath : Un Philistin (Kananéen) s’avança pour affronter David. David courut vers le combat. Il plongea la main dans sa besace, en sortit une pierre, la posa sur son épaule et frappa le Philistin au front; la pierre lui transperça le front et il tomba face contre terre. David courut, grimpa sur le dos du Philistin, tira son épée de son fourreau et lui trancha la tête (1 Samuel 17:48-51). Dans les deux récits, les adversaires tombent face contre terre : le héros utilise l’arme de l’adversaire pour l’achever, mais dans le cas de David, ou peut-être dans celui de Sinouhé, le héros lui tranche la tête. L’original est toujours meilleur que la copie !
Les Israélites se sont approprié l’histoire de Sinouhé, ou le voyage de Wen-Amon, pour créer le combat de David contre Goliath. Les Blancs et les Arabes ont si bien imité/copié les Noirs/Africains qu’ils ont même imité/copié leurs erreurs. Tant que les peuples Noirs/Africains n’auront pas leurs propres historiens, les histoires de l’Afrique ancienne ne pourront être racontées que par leurs oppresseurs/colonisateurs. (Proverbe de KL)


