Chers hommes Noirs/Africains, vous ne pouvez pas commettre la même erreur deux fois. La seconde fois, ce n’est plus une erreur, mais un choix. Si vous continuez à faire ce que vous avez toujours fait, vous continuerez à obtenir ce que vous avez toujours obtenu. C’est pourquoi nous devons élever nos princesses comme les reines d’antan, en leur inculquant la fierté d’être Noires/Africaines, afin qu’elles saisissent le véritable sens d’être une « Black Panther ». Cette responsabilité placée entre leurs mains de se lever lorsque les hommes semblent fléchir, est essentielle à l’évolution de notre société. « Les femmes Noires/Africaines méritent un amour dévoué. C’est ce genre d’amour qui a inspiré Léopold Sédar Senghor dans son poème *Femme Noire* » :
- Femme Noire;
- Femme nue, femme Noire;
- Vêtue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté !
- J’ai grandi à ton ombre, la douceur de tes mains bandait mes yeux;
- Et voilà qu’au cœur de l’Été et de Midi, je te découvre;
- Terre promise, du haut d’un haut col calciné;
- Et ta beauté me foudroie en plein cœur, comme l’éclair d’un aigle;
- Femme nue, femme obscure;
- Fruit mûr à la chair ferme, sombres extases du vin noir, bouche qui fait lyrique ma bouche;
- Savane aux horizons purs, savane qui frémis aux caresses ferventes du Vent d’Est;
- Tamtam sculpté, tamtam tendu qui gronde sous les doigts du vainqueur;
- Ta voix grave de contralto est le chant spirituel de l’Aimée;
- Femme nue, femme obscure;
- Huile que ne ride nul souffle, huile calme aux flancs de l’athlète, aux flancs des princes du Mali;
- Gazelle aux attaches célestes, les perles sont étoiles sur la nuit de ta peau;
- Délices des jeux de l’esprit, les reflets de l’or rouge sur ta peau qui se moire;
- À l’ombre de ta chevelure, s’éclaire mon angoisse aux soleils prochains de tes yeux;
- Femme nue, femme Noire. Je chante ta beauté qui passe, forme que je fixe dans l’Éternel. Avant que le Destin jaloux ne te réduise en cendres pour nourrir les racines de la vie.
À l’instar de Senghor et d’autres Noirs/Africains, c’est ce même sentiment profondément poétique qui a inspiré Camara Laye. Son magnifique texte « À ma mère » est un véritable hymne à la femme Noire/Africaine; « À ma mère » :
- Femme noire, femme Africaine;
- Ô toi ma mère, je pense à toi…
- Ô Daman, ô ma Mère;
- Toi qui me portas sur le dos;
- Toi qui m’allaitas, toi qui gouvernas mes premiers pas;
- Toi qui la première m’ouvris les yeux aux prodiges de la terre;
- Je pense à toi…
- Ô toi Daman, Ô ma mère;
- Toi qui essuyas mes larmes;
- Toi qui me réjouissais le cœur;
- Toi qui, patiemment, supportais mes caprices;
- Comme j’aimerais encore être près de toi;
- Être enfant près de toi !
- Femme simple, femme de la résignation;
- Ô toi ma mère, je pense à toi;
- Ô Daman, Daman de la grande famille des forgerons;
- Ma pensée toujours se tourne vers toi;
- La tienne à chaque pas m’accompagne;
- Ô Daman, ma mère;
- Comme j’aimerais encore être dans ta chaleur;
- Être enfant près de toi…
- Femme noire, femme Africaine;
- Ô toi ma mère. Merci, merci pour tout ce que tu fis pour moi. Ton fils si loin, si près de toi. Femme des champs, femme des rivières femme du grand fleuve, ô toi, ma mère je pense à toi.
Chers hommes Noirs/Africains, faire plaisir à votre femme ne fait qu’accroître l’amour et la confiance. Les femmes Noires du monde entier méritent un profond respect, un respect digne de dévotion. Elles se sentent aimées lorsqu’elles se respectent et que leur rôle est valorisé. Leur place est essentielle. À cet égard, les hommes Noirs/Africains ont le devoir de s’efforcer d’honorer leurs épouses.
Chaque femme Noire/Africaine mérite d’être célébrée. Elle a le droit d’entendre des hymnes en sa louange pour son triomphe sur les préjugés, les clichés et les stéréotypes des religions abrahamiques. Rien ni personne ne pourra ôter aux femmes Noires/Africaines leur statut sacré. Elles ont toujours été des reines et le seront toujours. « Au reste du monde et aux peuples non-mélaniques, sachez ceci : les économies de tous les pays qui pratiquent l’esclavage des femmes Noires/Africaines s’engagent sur la voie de l’enfer, dont les conséquences seront terribles le jour où les autres nations prendront conscience de la situation ».


