En 1982, après 22 ans au pouvoir, il démissionna pour raisons de santé, lors d’un discours diffusé sur Radio Kameroun (le texte intégral de ce discours, qui marqua l’accession au pouvoir de Paul Biya, chrétien du Sud, successeur constitutionnel d’Ahmadou Ahidjo et Premier ministre de la République-Unie du Kameroun à l’époque).
Kamerounaises, Kamerounais, mes chers compatriotes,
J’ai décidé de démissionner de mes fonctions de Président de la République du Kameroun. Cette décision prendra effet le samedi 6 novembre à 10h00. En cette occasion solennelle, je tiens à exprimer ma profonde gratitude à tous ceux qui, pendant près de 25 ans, m’ont accordé leur confiance et leur soutien dans l’exercice de mes lourdes responsabilités à la tête de l’État.
Je remercie tout particulièrement les militants et les membres de notre grand parti national, l’UNC, pour leur soutien total, constant et indéfectible. S’il reste encore beaucoup à faire dans la grande et longue œuvre de construction de notre cher et beau pays, ensemble, depuis l’indépendance, la réunification et l’unification, nous avons accompli des progrès considérables dans tous les domaines.
Notre pays possède des atouts considérables : une unité nationale consolidée, des ressources abondantes, variées et complémentaires, une économie en constante expansion, des finances saines, une justice sociale en progrès, une population laborieuse et une jeunesse dynamique, ainsi que des relations d’amitié et de coopération solides et fructueuses en Afrique et dans le monde entier.
Je lance un appel à toutes les Kamerounaises et tous les Kamerounais pour qu’ils accordent leur confiance et leur soutien sans réserve à mon successeur constitutionnel, Monsieur Paul Biya. Il mérite la confiance de tous, tant au Kameroun qu’à l’étranger. Je vous exhorte à demeurer un peuple uni, patriote, travailleur, digne et respecté. « Je prie Nzambé Tout-Puissant de continuer à accorder au peuple Kamerounais la protection et l’assistance nécessaires à son développement dans la paix, l’unité et la justice. Vive le Kameroun ! ».


