Quant au Di, le double de la personne, il est la représentation intérieure et extérieure, selon les cas, du moi intime. Mais l’aspect le plus remarquable de la profonde psychologie des Bambara et des Malinké (Madingue) est que chaque personne évolue à partir d’un substrat (Bâ) à la fois biologique, culturel et spirituel. La plénitude du soi est à considérer comme l’épanouissement même du (Bâ) qui réside au cœur de l’humanité. On ne peut s’empêcher de penser au (Bâ) pharaonique, si étroitement lié à la vie et à la mort. Si l’humanité souffre sur cette terre, elle participe déjà à l’aventure cosmique.
Pour les anciens Égyptiens, l’humanité était conçue comme un être complet, un être qui souffre dans son corps physique, mais dont l’essence est de nourrir, jusqu’à l’apothéose, la part spirituelle et divine présente en lui depuis la nuit des temps. Car tout vient du Démiurge et retourne à lui. De même, le Démiurge lui-même se manifesta pour la première fois dans la Noun, ce qui constitue également l’événement créateur ultime.
Chers frères et sœurs Noirs/Africains, parlons maintenant du véritable sens des noms en Afrique Noire : En Afrique Noire, un nom n’est pas attribué par fantaisie ou par caprice; appeler quelqu’un par son nom, au cœur de l’Afrique Noire, c’est le faire apparaître comme un être humain, c’est-à-dire un homme ou une femme originaire de tel ou tel village, appartenant à tel ou tel groupe ethnique, de telle ou telle lignée, de telle ou telle famille, ayant eu tels ou tels ancêtres. Il s’agit donc de les situer simultanément dans le temps et l’espace, afin de les représenter véritablement dans leur intégralité. « Nommer, c’est engendrer, c’est-à-dire révéler une généalogie, une évolution. Nommer, c’est aussi se référer à une histoire, une situation, une circonstance, des grâces, des qualités, un avenir, une force, un caractère, une personne, une fortune, une célébrité, une mission (…) ».
En Afrique subsaharienne, on ne s’adresse pas à quelqu’un au hasard :
- Quand on veut appeler un inconnu, on l’appelle simplement sans le nommer;
- Quand on veut appeler quelqu’un qu’on connaît à peine, on le regarde parler, en avançant les lèvres en avant;
- Quand on veut appeler quelqu’un rencontré il y a quelques jours, on l’appelle en pointant l’index droit ou par un geste de la main droite;
- Quand on veut appeler quelqu’un qu’on connaît bien, on l’appelle par son nom et, s’il en a un, par son titre.
En Afrique subsaharienne, les noms ont une signification mystique et profondément spirituelle. On ne donne pas un nom à un enfant au hasard; un nom n’est pas choisi au hasard. Un nom a une grande influence sur la vie de l’enfant et de ses parents, et peut-être même sur celle de toute la famille. Autrefois, un nom déterminait la vocation d’une personne, mais aujourd’hui, les noms sont choisis au hasard sur Internet ou dans la Bible, et le but est simplement de donner à quelqu’un une apparence belle, prétentieuse et complexe. Une certaine idée occidentale de la beauté qui masque en réalité nos insécurités et complexes.
Pourquoi donnons-nous toujours à nos enfants des noms d’autres cultures ?? En tant que personnes Noires/Africaines et Afro-Descendantes, nous devons leur donner des noms Noirs/Africains authentiques : C’est là que naissent l’amour de soi et l’amour du prochain. C’est là que commence la reconnaissance de sa famille, de sa communauté, de son histoire et de son identité. C’est là que commence l’appréciation de sa culture, de ses valeurs et de son patrimoine culturel. C’est là que se forge le caractère. Et c’est ainsi que l’on gagne le respect !


