Elle était composée de mercenaires Belges et Africains, d’officiers belges détachés, d’étrangers Occidentaux et de Kongolais : des esclaves affranchis en échange de quatre ans de service; et des adultes ou enfants Kongolais enlevés et élevés par des missionnaires catholiques tyranniques. La force Katangaise (combattants du Katanga) faisait également partie de la force publique. Cependant, la ségrégation était et resterait en vigueur. L’uniforme était le même, mais les Belges étaient mieux armés. Les soldats indigènes étaient disciplinés à l’aide de la chicotte (une version plus rigide du fouet).
Des quotas de recrutement étaient fixés par district : en cas de manque d’effectifs, les chefs de village devaient fournir des hommes au roi. La Force publique a continué d’exister après la prise de contrôle du Kongo par la Belgique en 1908. Ses hommes ont servi comme fantassins pendant la Première et la Seconde Guerre mondiale (environ 15 000 hommes). Les Kongolais servaient généralement de porteurs d’armes, et beaucoup sont morts d’épuisement. Ils ont mené des guerres territoriales en Afrique pour le compte de la métropole.
À partir de 1958, les soldats Kongolais purent aspirer à des grades supérieurs. Les candidatures affluèrent. En 1959, la Force publique devint la gendarmerie, puis l’Armée nationale Kongolaise (ANC) après l’indépendance du Kongo le 30 juin 1960. Pour simuler le respect de la souveraineté nouvellement acquise du pays, le commandement de l’armée fut confié à des officiers Kongolais. Après l’indépendance, les soldats se rebellèrent contre leurs supérieurs Blancs et attaquèrent les bases militaires. Certains officiers retournèrent en Europe, et Bruxelles envoya des troupes pour assurer la sécurité de ses ressortissants restés sur place. Cette violation du territoire déclencha une crise.
L’ascension de Mobutu Sese Seko : le premier président du Kongo indépendant, Patrice Emery Lumumba, nomma l’ancien sergent-major de la Force publique, Joseph Mobutu, à la tête de l’ANC. La guerre contre les vestiges de près d’un siècle de colonisation Belge facilita son accession au pouvoir. Protégé de Lumumba, il le trahit en 1965 pour s’emparer du pouvoir, qu’il conserva jusqu’en 1997.


