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Devoir de Mémoire – Nelson Mandela était-il reconnaissant envers Mobutu ? Nelson Mandela semble avoir été le seul rempart de Mobutu, à une époque où le régime de ce dernier était à bout de souffle : Comme si un malheur n’arrivait jamais seul, le régime de Mobutu ne savait plus où donner de la tête face à l’avancée fulgurante de la rébellion de l’AFDL, tandis que Mobutu souffrait terriblement d’un cancer de la prostate. (Abandonné par tous ses alliés et soutiens, Mobutu se retrouva presque seul face à la rébellion, déterminée à renverser le dictateur dont le pouvoir avait été absolu); « Finalement, c’est Nelson Mandela qui mena les négociations avec le chef rebelle de l’AFDL, Laurent Désiré Kabila, pour tenter de sauver Mobutu; nous nous souviendrons des négociations sur l’UTEKA, le navire sud-africain à bord duquel elles se sont déroulées sous la médiation de Mandela, mais en vain, car Kabila était déterminé à évincer Mobutu du pouvoir à tout prix »

Par souci d’exactitude historique, lorsque Mandela était emprisonné pendant 27 ans, le Zaïre de Mobutu était à l’avant-garde de la lutte pour la libération de Nelson Mandela et pour la fin du système d’apartheid en Afrique du Sud. Juste après sa libération, Mandela effectua son tout premier voyage à l’étranger, au Zaïre. Ce voyage était un geste de gratitude envers Mobutu. Et Mandela a exprimé cette gratitude à Mobutu jusqu’à la fin.

Voici la dernière lettre de Mobutu à Jacques Chirac : le maréchal Mobutu menace de révéler les crimes Américains en Angola et exprime son amertume au président français. Il constate avoir perdu son influence auprès de la population. Enfin, il exprime son intention de céder le pouvoir à Kabila, mais même malade, Mobutu continuait de se considérer comme un dieu sur terre, au point de mettre en doute l’intégrité de Kabila.

Kinshasa, le 11 mai 1997, À Son Excellence Monsieur Jacques Chirac, Président de la République française.

Monsieur le Président,

Avant toute chose, je tiens à vous présenter mes salutations sincères. À vous, tout autant qu’à Madame votre épouse. Au nom de la très longue amitié qui nous lie depuis plus d’une décennie. Aujourd’hui, la situation est difficile pour moi, compte tenu de la gravité du moment. Premièrement, au niveau de mon autorité, j’ai perdu mon efficacité auprès de la population. Deuxièmement, sur le plan militaire, il m’est impossible de freiner l’avancée des rebelles vers Kinshasa, qu’ils pourraient atteindre à tout moment.

S’agissant de Kinshasa, je ne peux favoriser un bain de sang inutile. Car, en tout état de cause, les rebelles l’atteindront bien. Tout étant affaire de temps. Faut-il vous rappeler que je fais face à une guerre injuste ? Aujourd’hui, les États-Unis et la Grande-Bretagne, par l’intermédiaire de l’Afrique du Sud, de l’Ouganda, du Rwanda et de l’Angola, utilisent le chef de bande Laurent Désiré Kabila pour me poignarder dans le dos, profitant de ma maladie.

Les États-Unis étaient autrefois mes alliés, souvenez-vous de l’épisode angolais. Je me réserve le droit de publier mes mémoires dans les prochains jours. Alors, le monde entier connaîtra enfin des vérités insoupçonnées jusqu’à présent. Mon ami, vous savez aussi bien que moi que le chef de bande Laurent Désiré Kabila est un personnage douteux, un génocidaire, et qu’il est inapte à diriger le Zaïre en tant que chef d’État. J’ai tout tenté pour empêcher cela, mais ses maîtres Occidentaux, les États-Unis en l’occurrence, le soutiennent et l’encouragent dans cette voie.

Devant l’obstination américaine et la dégradation continue de mon état de santé, je suis obligé de vous annoncer mon intention de transférer le pouvoir à Kabila lors de notre prochaine rencontre sur Utenika le 14 mai prochain.

Que Dieu protège le Zaïre : Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu Waza Banga, Président de la République

Nelson Mandela, a-t-il été reconnaissant envers Mobutu ?

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