En effet, parce que certaines capacités animales surpassent de loin celles des humains, les anciens peuples Noirs/Africains avaient l’idée de s’identifier à certains animaux. Choisir des totems à leur image revenait à devenir les représentants de certaines (superpuissances), afin de mieux les intégrer en eux-mêmes. Par exemple : La panthère a la capacité de voir dans l’obscurité mieux que tout autre oiseau. L’aigle vole très haut et domine les airs, mais sa vision est plus étendue au sol. Les chiens et les chats sont clairvoyants. Le buffle possède une force physique énorme, et de nombreux animaux et oiseaux de proie sont intelligents. « Ce sont là autant d’exemples des capacités et des pouvoirs qui inspiraient les anciens peuples Noirs/Africains et qu’ils s’efforçaient de cultiver en eux par l’observation de la nature ».
Cependant, il ne s’agissait pas d’améliorer la vue ou de développer d’autres capacités sur un plan purement physique, mais plutôt d’accéder à une compréhension d’autres pouvoirs sur les plans métaphysique et spirituel. Toutes ces caractéristiques ou fonctions expliquent pourquoi les anciens Africains portaient des totems ou exhibaient des têtes d’animaux Neter (Neter = Nature). C’est dans ce contexte que le totem, concept anthropomorphique, est logiquement devenu l’expression symbolique d’idées scientifiques beaucoup plus profondes, associées à des super-pouvoirs que les humains ne possédaient pas naturellement. Il ne s’agissait pas de vénérer les animaux, mais simplement de tenter d’intégrer les pouvoirs de l’objet/animal.
Chers frères et sœurs Noirs/Africains, savez-vous que le mot « Totem » est un terme Amérindien apparu dans la langue Occidentale en 1791 ? Totem dérive d’« Otatam », qui signifie parenté, frères et sœurs maternels. Le totémisme est encore pratiqué par presque tous les Kémites/Noirs/Africains. En Afrique du Sud, par exemple, on le retrouve sous le nom de « Mutupo », qui désigne également la parenté maternelle. Le totem peut être représenté par un animal sacré ou un ancêtre cosmique incarnant le groupe familial. « Le totem est à la fois l’esprit éternel du clan, de ses membres passés, présents et futurs, décédés, vivants et à naître, mais il incarne aussi l’appartenance et la parenté éternelles du clan, de son territoire et de sa terre ancestrale ».
Les animaux totems sont en réalité des emblèmes porteurs de titres qui définissent l’appartenance à un groupe, une cellule, une famille, un clan ou une nation. Le totem est donc une entité familiale, spirituelle et territoriale. Ainsi, il représente symboliquement (la famille, la nation, l’héritage, la patrie, l’identité familiale et même l’identité nationale). Voici un exemple sur la photo ci-dessous :

La première est une sculpture représentant une figure Yoruba, appelée « Enfant d’Obatala »; Obatala est un Orisha Yoruba. La seconde est Neter Bes de Kemet/Égypte, une figure similaire que l’on retrouve également au Kongo. Tous trois portent le même collier à tête de mort.
Les Neter Bès sont principalement liés aux Ba-Twa ou Pa-Tah (Ptah), communément appelés Pygmées, qui étaient vénérés en Koush et en Kemet/Égypte, où ils chantaient et dansaient pour les Natoru. Ils sont également considérés comme l’un des plus anciens liens ancestraux dans toutes les grandes vallées fluviales d’Afrique. Cela inclut les Montagnes de la Lune au Kenya et la région des Grands Lacs au Kongo, deux sources alimentant le Nil sacré.
En bref, le totem est une expression symbolique et enracinée; pour comprendre l’arbre et son fruit, il faut imaginer ses racines. L’idolâtrie, en revanche, consiste à prendre le symbole pour ce qu’il symbolise. Ce n’est pas ainsi que les anciens Noirs/Africains procédaient. Au contraire, ils considéraient l’idéal du symbolisme. C’est dans cette perspective que les totems Noirs/Africains doivent être compris.
