Contrairement aux récits bibliques et aux narrations similaires d’autres traditions orales Noires/Africaines, dans le mythe de la création dogon, l’idée d’un créateur divin tout-puissant et omniscient est subordonnée à un processus évolutif où Dieu (Amma) émerge comme un ancêtre surnaturel, mais imparfait. Au lieu de l’idée traditionnelle de création à partir de rien, le récit de la création dogon, par la magie du logos divin, offre une explication plus scientifique qui anticipe les théories modernes de la Nébuleuse et du Big Bang.
Dans le récit de la création des Dogons, on observe une projection cosmique d’idées relevant essentiellement de la biologie de la reproduction. Derrière ces idées se cache ce qui semble être une certaine compréhension du rôle des chromosomes et de l’ADN dans la formation de chaque nouvelle vie, telle que formulée par la génétique moderne.
L’histoire commence avec l’idée de la graine du monde. Décrite par les Dogon comme « Kize Uze » (la plus petite des choses), cette minuscule graine flottait paisiblement dans le vide obscur de l’espace avant la naissance de notre galaxie, la Voie lactée. Bien qu’elle soit aussi petite que la plus petite graine cultivée dans la culture Dogon, à savoir le « Fonio » ou « Digiteria exelis », elle contient le potentiel de l’existence de toute réalité. Au cours de son orbite, elle commence soudainement à se dilater sous la pression de vibrations internes.
Ceci se produit au point de rencontre de l’étoile Sirius A (Digiteria), l’étoile du Chien, et de son étoile naine Sirius B. Aujourd’hui, ces deux étoiles occupent une place importante dans le calendrier rituel Dogon. Le très important rituel de renouvellement Dogon, le « Sigui », qui a lieu tous les 60 ans, est basé sur le temps que met Sirius B pour effectuer une orbite complète autour de Sirius A, un fait depuis confirmé par les astronomes.


