Cependant, depuis la proclamation de l’indépendance, les Kongolais ont été confrontés à des rébellions militaires, des gouvernements insurgés et des sécessions régionales ou tribales, comme au Katanga. Le 5 septembre, le président Kasa-Vubu et le Premier ministre Patrice Lumumba se sont mutuellement destitués, et quelques jours plus tard, le 14 septembre 1960, Mobutu, alors chef de l’armée, a organisé son premier coup d’État, prenant le parti du président de la République.
La Loi fondamentale de 1960 fut ensuite complétée par des décrets-lois constitutionnels qui conférèrent tous les pouvoirs au président Kasa-Vubu. Le Parlement et le gouvernement furent dissous, et les garanties d’indépendance de la justice suspendues. Ce régime provisoire fonctionna tant bien que mal jusqu’à l’adoption de la Constitution de Luluabourg en 1964. De fait, en ce jour funeste du 14 septembre 1960, Kasavubu réagit en nommant Mobutu commandant en chef de l’armée. C’est ainsi que Kasavubu ouvrit la voie à la dictature de Mobutu.
Le coup d’État du « Militaire rebelle » Mobutu J.D. : En fait, quelques heures plus tard, à 20h30, Mobutu mena son coup d’État. Il déclara la neutralisation des politiciens et affirma : « Ce n’est pas un coup d’État, mais une simple révolution pacifique ». C’est par ces mots que commencèrent 37 années de dictature et de destruction. Mobutu ferma les ambassades des pays socialistes, l’Union soviétique et la Tchécoslovaquie. Il exigea ensuite le retrait des troupes ghanéennes et guinéennes en raison de leur soutien direct à Lumumba. Dès le départ, Mobutu, agent de la CIA, lutta contre les pays socialistes et contre les pays nationalistes Africains.
Mobutu créa le Collège des commissaires généraux (…) : Bomboko en était le président, Ndele le vice-président, Ferdinand Kazadi le ministre de la Défense, Lihau et Tshisekedi respectivement ministre et vice-ministre de la Justice. Ce Collège fut officiellement installé par Kasavubu, agissant en tant que chef de l’État et complice du coup d’État de Mobutu. Lumumba réagit le matin du 15 septembre en déclarant : « Le colonel Mobutu a été corrompu par les impérialistes pour fomenter un coup d’État contre le gouvernement légal et populaire. Peuple, vous êtes témoins de ces manœuvres visant à abattre le Kongo, la terre de nos ancêtres, et à le placer sous la domination d’une organisation internationale ».
Ce fut un tournant dans l’histoire Kongolaise : le coup d’État de Mobutu, le 14 septembre 1960, a placé le Kongo, pendant 37 ans, sous la dictature conjointe de l’impérialisme Américain et Belge. Décret-loi constitutionnel du 29 septembre 1960 relatif à l’exercice des pouvoirs législatif et exécutif au niveau central. Nous/Moi, Joseph Kasa-Vubu, Président de la République, le Conseil des commissaires généraux a adopté et nous sanctionnons par la présente ce qui suit :
- Premier article :Un Conseil des commissaires généraux est institué, conformément à la proclamation du chef de l’État en date du 29 septembre 1960. Le chef de l’État nomme et révoque les commissaires généraux et les commissaires généraux adjoints.
- Deuxième article : Jusqu’à l’achèvement de la mission du Conseil des commissaires généraux : (1) Les chambres législatives sont ajournées. – (2) Le pouvoir législatif conféré aux chambres par la loi fondamentale du 19 mai 1960 est exercé par le Conseil des commissaires généraux sous forme de décrets-lois contresignés par le président du Conseil et le commissaire général compétent.


