KONGOLISOLO
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Devoir de Mémoire – Le fanfaron, le scélérat, l’avoué et Grand Cordon de l’Ordre national du Léopard sous le mobutisme : Étienne Tshisekedi a-t-il lu Gandhi ou Machiavel ? Le diable, l’ange déchu, parviendra-t-il un jour à transformer l’enfer en paradis ?? Neigera-t-il un jour en enfer ?? (Un sécessionniste, ministre influent du mouvement sécessionniste, peut-il devenir nationaliste ou défendre l’unité politique ?? Un assassin de la démocratie peut-il défendre et cultiver la démocratie ??); « Un architecte de dictature, ou tout simplement un dictateur, peut-il devenir démocrate ?? L’un des pères fondateurs du Mouvement populaire de la révolution (MPR) et du mobutuisme peut-il détruire sa propre création, qu’il a lui-même conçue, façonnée et soutenue, puis s’y opposer par la suite ?? »

Une personne responsable et partisane de nombreux assassinats politiques peut-elle faire acte de contrition sincère ?? Peut-elle exprimer sa douleur, sa détestation des péchés et des crimes commis, avec la ferme volonté de ne jamais les répéter ?? Un fonctionnaire d’État qui, tout au long de sa carrière, n’a fait que vendre et détourner des biens publics peut-il un jour se présenter comme un bon gestionnaire de la République ??

Répondre à toutes ces questions avec intelligence et sans invectives nous permettra de comprendre la nature d’un homme, adoré, idolâtré et défendu par ignorance par ses partisans comme un gourou, au point d’en faire un mythe, un « Moïse ». Penchons-nous donc sur la carrière politique, les actions, les responsabilités et les réalisations de cet homme afin de découvrir sa véritable histoire : l’homme qui se présente comme un « Champion » de la démocratie, un « Défenseur » des droits de l’homme et l’opposant « Charismatique » de tous les régimes successifs au Kongo, M. Étienne Tshisekedi.

Après avoir longtemps joué un rôle actif dans les crimes les plus graves de Mobutu, nous estimons que Tshisekedi représente davantage un problème qu’une solution pour le peuple Kongolais. Par conséquent, sa candidature à l’élection présidentielle de 2011 n’était ni politiquement ni éthiquement crédible. Il s’agissait, pour ainsi dire, d’une provocation machiavélique à l’encontre du peuple Kongolais, dont il avait compromis l’avenir en servant fidèlement Mobutu. Il avait cautionné le premier coup d’État de Mobutu, le 14 septembre 1960, contre le gouvernement démocratiquement élu de Patrice Emery Lumumba. Il faisait partie du tristement célèbre collège des commissaires généraux mis en place par Mobutu. En tant que commissaire adjoint à la Justice, il a suggéré à Mobutu « D’encercler la résidence de Patrice Lumumba avec des soldats de l’armée nationale et d’arrêter tous ceux qui en sortaient ou tentaient d’y entrer », et « de couper l’eau et l’électricité ». Pour lui, Lumumba n’était rien d’autre que de la vermine, pour reprendre ses propres termes, qu’il fallait éliminer. Comment ??

Lumumba subit les pires humiliations, qu’aucun autre dirigeant Noir/Africain de l’époque n’avait connues, avant d’être brutalement assassiné avec ses compagnons Mpolo et Okito le 17 janvier 1961. Tshisekedi contribua ainsi à liquider ce processus démocratique, si chèrement acquis face à la puissance coloniale belge. Pourquoi cette question a-t-elle été totalement éludée depuis la prétendue conférence nationale souveraine du début des années 1990 jusqu’à l’arrivée au pouvoir de Mzee Laurent-Désiré Kabila le 17 mai 1997 ? Pour réprimer la guerre de libération lancée en 1964 dans l’ouest et l’est du Kongo-Kinshasa par les nationalistes, Mobutu fit appel à des mercenaires recrutés par la CIA parmi des racistes Sud-Africains, des fascistes espagnols et allemands, des colons belges et des exilés cubains vivant aux États-Unis. Ces bandits transformèrent les zones contrôlées par l’armée populaire en un véritable abattoir humain. Tshisekedi ne manifesta pas la moindre indignation face à ces criminels qui réprimaient ses propres frères avec une violence aveugle, alors même qu’ils se battaient pour une cause juste.

En novembre 1965, il a soutenu le deuxième coup d’État de Mobutu, qui a conduit à l’éviction du président Kasa-Vubu et de son Premier ministre Kimba. Ces derniers avaient décidé de licencier les mercenaires après leur retour d’Accra, où ils venaient de nouer des liens plus étroits avec des dirigeants africains progressistes. Faut-il rappeler que Tshisekedi a approuvé sans vergogne l’exécution de Kimba et de ses compagnons le dimanche de la Pentecôte, le 2 juin 1966 ? En réponse aux questions des journalistes après leur pendaison, il a déclaré : « Kimba et ses compagnons n’ont pas pu bénéficier de la clémence présidentielle en raison de la gravité de leurs crimes, et d’autres condamnations du même type suivront pour servir d’exemple, et ainsi de suite ». Pourtant, le « Juriste » Tshisekedi ne pouvait ignorer que ces accusations n’étaient que de pures inventions de Mobutu. Comment notre peuple a-t-il pu permettre à Tshisekedi de fouler le sol du Stade des Martyrs, le lieu même où les quatre victimes du « Léopard » ont été exécutées ??

Le criminel ne revient-il pas toujours sur les lieux du crime ?? Le criminel ne revient-il pas toujours sur les lieux du crime ?? Faut-il croire que ce peuple et les défenseurs Kongolais de la vérité ont perdu la mémoire ?? Il était cocasse de voir à quel point Tshisekedi s’est enflammé face à l’arrivée au pouvoir de Mzee Laurent-Désiré Kabila, exigeant impétueusement la tenue d’élections. C’était une manière de tenter de torpiller le processus de démantèlement complet du régime sanguinaire et corrompu de Mobutu. Ce régime était coresponsable du processus génocidaire qui a ensanglanté le Rwanda en 1994. Il a été impliqué dans la plupart des catastrophes humaines que l’Afrique a connues depuis les indépendances : du Tchad à l’Afrique du Sud, en passant par l’Angola. On comprend dès lors pourquoi l’arrivée au pouvoir de Mzee Laurent-Désiré Kabila a causé un tel malaise psychopolitique à Tshisekedi.

Pire encore ! L’assassinat de Mzee, le 16 janvier 2001, fut considéré comme une aubaine pour cette « Figure historique de l’opposition » qui, tel un chien poursuivant l’ombre d’un os dans l’eau, s’empressa de réclamer à nouveau des élections en RDKongo. Toutes ces manœuvres s’expliquent par le fait que Tshisekedi fut l’un des principaux serviteurs de Mobutu et de son régime. Après le second coup d’État de Mobutu, le 24 novembre 1965, il occupa des postes ministériels et politiques stratégiques : cofondateur du Mouvement populaire de la révolution (MPR), parti unique qui ne laissait guère de place à l’opposition, ministre de l’Intérieur et de la Justice; Etc. À ce titre, Tshisekedi joua un rôle important dans la gouvernance du pays, fondée sur le pillage systématique et le détournement des fonds publics, ainsi que sur l’élimination, la neutralisation ou la cooptation de tous ceux qui aspiraient à un véritable changement ou représentaient une menace pour le régime.

Beaucoup se souviennent du détournement, en 1967, d’un million de francs Zaïrois alloués à la « Reconstruction des zones sinistrées ». Tshisekedi, alors ministre de l’Intérieur et responsable de l’attribution des fonds, était directement impliqué. Sur ce million de francs zaïrois, les régions « Touchées par la rébellion » (Province Orientale, Bukavu, Équateur et Bandundu) ne reçurent que cinquante mille francs zaïrois ! Le reste finit dans la poche du ministre de l’Intérieur, avec la complicité de ses proches originaires de son village, qu’il avait lui-même placés à des postes clés à cette fin. Sur le plan moral, Tshisekedi participa activement à la corruption des mœurs et à l’exploitation des mineures. Daniel Monguya Mbenge, ancien vice-gouverneur de la province de Bandundu, en fait un récit sordide dans son ouvrage « Histoire secrète du Zaïre ». En tant que ministre de l’Intérieur, Tshisekedi institutionnalisa un rituel qui obligeait les gouverneurs des régions où il se rendait avec son ami et supérieur, Mobutu, à lui fournir « De quoi remonter le moral du président ». Il s’agissait de jeunes filles vierges censées assouvir les désirs sexuels de Mobutu lors de ses tournées provinciales.

En 1968, Pierre Mulele, chef de l’insurrection populaire dans l’Ouest, fut assassiné avec une cruauté bestiale, en présence de tous les hauts dignitaires de l’ancien régime de Mobutu : « Alors qu’il était encore vivant, on lui arracha les oreilles, on lui coupa le nez, on lui arracha les yeux et on les jeta à terre. On lui arracha les organes génitaux ». Toujours vivant, on lui ampute les bras, puis les jambes. Les restes humains furent attachés dans un sac et jetés dans le fleuve. Le 4 juin 1969, des étudiants de l’ancienne Université Lovanium descendirent dans les rues de Kinshasa, réclamant pacifiquement des droits sociaux et des institutions démocratiques. Le bilan : 125 morts et une centaine de disparus : « Tous les corps des victimes furent dissous dans de l’acide sulfurique à Binza ». On ne peut évoquer ce carnage sans mentionner le nom de Mokolo wa Mpombo, qui trahit tous ses camarades en informant Mobutu, le ministre de l’Intérieur et le ministre de la Justice, la veille, des noms des principaux instigateurs du mouvement et de leurs intentions.

De toute évidence, ayant joué un rôle important dans le pillage des fonds publics, mais aussi dans la plupart des tragédies sanglantes du règne de Mobutu, Tshisekedi est tout sauf un démocrate ou un dirigeant politique honnête. Il faudrait être complètement déraisonnable ou d’une hypocrisie aveugle pour croire ou faire croire le contraire. Certes, nous n’ignorons pas la rupture de Tshisekedi avec Mobutu à la fin des années 1970. La véritable raison de sa prétendue opposition à Mobutu s’explique par le fait qu’en 1980, le président de l’Assemblée nationale, Kalume, est décédé. Mobutu a nommé Nzondomio Adokpelingbo à sa place, au lieu de son successeur direct (légal), Tshisekedi. En décembre 1980, Tshisekedi et d’autres parlementaires rédigèrent une lettre ouverte à Mobutu, la célèbre lettre des 13 parlementaires. Mais pour d’autres, cette rupture n’était pas initialement due à des raisons idéologiques ou politiques. Elle résultait plutôt de problèmes d’adultère qui empoisonnaient constamment les relations entre Mobutu et ses subordonnés, tels que Lihau, Ndele, Tassin, Nguza Karl I Bond et Boboliko Lokonga, pour n’en citer que quelques-uns. Par conséquent, cette opposition ne s’est jamais traduite par l’élaboration d’un véritable projet social ou d’un programme politique alternatif.

Les insultes publiques adressées à Mobutu visaient uniquement à détourner l’attention de la population et à masquer les propres faiblesses de Tshisekedi dans la lutte politique et idéologique (ce qui est encore le cas aujourd’hui). De manière incroyable, Tshisekedi s’est vu attribuer par la « Communauté internationale » le titre pompeux d’opposant historique et radical à Mobutu, avec tous les avantages qu’il a pu en tirer. Il est bon de rappeler que, tandis que l’Alliance de Kabila luttait pour libérer le peuple du mobutisme, le célèbre opposant historique et radical a solennellement demandé à toute la population de prier pour le rétablissement de son tyran Mobutu. Il s’est même rendu en France pour passer du temps à son chevet.

En contrepartie, Mobutu le nomma Premier ministre, en remplacement de Kengo Wa Dondo. Tshisekedi ne s’inclina que devant la décision de son limogeage rapide et humiliant par Mobutu, suite aux avertissements des dirigeants de l’Alliance. À ces derniers, il avait attribué, à la manière de Mobutu – c’est-à-dire sans consultation ni discussion préalables – cinq portefeuilles ministériels au sein de son gouvernement éphémère. Il était ainsi convaincu que le capital politique que représentait son statut d’opposant historique et radical à Mobutu avait perdu de sa valeur suite à la fuite du dictateur et à l’effondrement de son régime. Il n’hésita donc pas à revendiquer le poste de Premier ministre auprès des dirigeants de l’Alliance dès que ceux-ci eurent pris le contrôle effectif de l’ensemble du territoire national. N’ayant pas obtenu satisfaction pour des raisons d’opportunisme politique, il décida alors de saboter la victoire de la lutte de libération. Par une série d’actions démagogiques, xénophobes et provocatrices, avec le soutien de la France, bien entendu. La France voyait en lui le remplaçant idéal de Mobutu dans la guerre culturelle que ce pays menait désespérément contre les États-Unis. Pourquoi la France a-t-elle choisi Tshisekedi ??

Pour comprendre cela, citons une conférence de presse qu’il a tenue à Bruxelles le 15 septembre 1987. Devant des représentants de la classe économique et politique belge, il a déclaré : « Le français que nous parlons, c’est vous qui nous l’avez appris ; et avec vous, nous avons appris les valeurs universelles que cette langue véhicule depuis des siècles. Vous nous avez apporté la religion chrétienne ; vous nous avez appris à lire et à écrire ; vous nous avez apporté vos avions, vos automobiles, vos montres; vous nous avez appris à manger avec une fourchette ; vous nous avez prêté des milliards de vos francs pour nous aider à survivre ». De telles déclarations glorifient l’esclavage, la colonisation, le néocolonialisme et, surtout, l’infériorité de la civilisation africaine par rapport à la civilisation Occidentale.

Pourtant, la contribution des personnes noires au développement de la science et de la technologie modernes est indéniable. La lampe électrique a été inventée par Joseph V. Nichols et Lewis H. Latimer en 1881, l’antenne parabolique par Granville T. Woods en 1887, le moteur à combustion interne par Andrew J. Beard en 1892, l’ascenseur par Alexander Miles en 1867, le taille-crayon par John L. Love en 1867, le piano mécanique par Joseph H. Dickinson en 1912, les freins automobiles par John V. Smith en 1872, le test de dépistage rapide du VIH par le professeur Onokodi, biologiste Kongolais de l’Université de Kinshasa, et l’ordinateur le plus rapide au monde dans le domaine du calcul par le Dr Philip Emeagwali, informaticien nigérian né en 1954. Avec de tels propos tenus par Tshisekedi devant ses maîtres « Civilisateurs », il est difficile d’imaginer qu’un tel homme puisse un jour diriger la République démocratique du Kongo. Le peuple Kongolais a tant souffert de la dictature de Mobutu qu’il est dans son intérêt d’être exigeant envers les dirigeants actuels en matière de démocratie, mais le parcours politique de Tshisekedi ne témoigne d’aucune intégrité. Par conséquent, le peuple congolais, et sa jeunesse en particulier, doit se rendre à l’évidence : il est impossible de reconstruire le pays avec des individus qui ont sciemment participé au pillage de notre économie et à la gestion désastreuse des affaires publiques. De tels individus ont retardé le développement de la RDKongo d’au moins un demi-siècle. Mon compatriote Mbokoko Bolaseke, professeur d’université à Paris.

En résumé : Etienne Tshisekedi a été commissaire adjoint à la Justice en 1960; recteur de l’École nationale de droit et d’administration (ENDA) de 1961 à 1965; auditeur à la Banque nationale du Kongo (1964); ministre de l’Intérieur et des Affaires coutumières sous Mobutu; quelques mois plus tard, il se retrouve au ministère de la Justice, puis ministre d’État chargé de la Planification, de la Recherche scientifique, du Développement régional et de la Coordination de la planification. L’un des rédacteurs de la Constitution de 1967; avec ses amis Singa, Bomboko et Mobutu, Tshisekedi a rédigé le Manifeste de Nsele qui a donné naissance au MPR lors du Conclave de Nsele, qui deviendra le parti unique. Président de la Commission politique générale au Bureau politique du MPR ; Secrétaire national au Bureau exécutif du MPR ; ambassadeur de Mobutu au Maroc de 1969 à 1971; membre du Bureau politique du MPR (décembre 1970-février 1971) ; Commissaire du peuple (1975-1977) ; membre du Conseil d’administration de l’Université nationale du Zaïre (Unaza) ; deuxième vice-président de l’Assemblée nationale (1970, 1972, 1974) ; premier vice-président du Bureau permanent du Conseil législatif (parlement en 1971) ; président du Conseil d’administration d’Air-Zaïre de 1977 à 1980.

N’oublions pas sa revue des troupes militaires rwandaises, envahisseuses, occupantes et criminelles, en juin 2002, piétinant nos morts, après avoir été accueilli à son arrivée par le secrétaire général du RCD, Azarias Ruberwa, ainsi que par l’envoyé spécial de la présidence rwandaise pour la RDKongo, le ministre Patrick Mazimpaka, et le secrétaire général du Front patriotique rwandais (FPR, au pouvoir à Kigali), Charles Muligande, et reçu à Kigali par Paul Kagame. Quelqu’un a dit : « C’est un leader bancal avec un programme politique tout aussi bancal qui se résume à : « Ya Tshitshi, renvoyez-le au Rwanda ».

l'hâbleur

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