Le débat est ouvert : Même si, pour beaucoup, elle est perçue comme la parole scellée du Dieu d’Israël, l’objectif fondamental de la Bible n’a jamais été de servir de vérité absolue. Elle se présente, avant tout, comme un récit, l’histoire d’Israël écrit principalement par des Israélites pour leur propre peuple. Comme tout récit, elle repose sur des éléments culturels, des croyances et une intention sous-jacente : transmettre une vision du monde à travers le prisme d’un peuple spécifique. À cet égard, la Bible peut être considérée comme l’une des premières formes littéraires conçues pour captiver, instruire, endoctriner ou guider une société.
Plus tôt les peuples Noirs/Africains saisiront cette réalité, plus tôt ils réaliseront que ce Dieu biblique n’existe pas en dehors du récit qui le fonde. Ce Dieu n’est pas une entité réelle, mais une construction littéraire née de la plume de ceux qui ont rédigé les textes. Les auteurs, théologiens et commentateurs de la Bible projettent sur Dieu des émotions purement humaines : ils peuvent le dépeindre comme joyeux ou affligé, le faire parler ou agir, ou même lui attribuer un fils. En d’autres termes, Dieu tel qu’il apparaît dans la Bible n’existe que dans les pages du livre et dans l’imaginaire de ceux qui l’ont conçu. Il n’est pas une divinité universelle, mais une figure façonnée selon les intentions et les contextes de ses auteurs. Mais pourquoi continuer à croire en un livre que ceux-là mêmes qui nous l’ont transmis (les Blancs/Occidentaux) n’appliquent pas dans leur propre vie ?? Ils nous prêchent la pauvreté comme la voie vers le paradis, alors qu’eux-mêmes poursuivent la richesse par tous les moyens nécessaires.
Chers frères et sœurs Noirs/Africains, croyez-vous sincèrement que la Bible mérite d’être considérée comme un guide si ceux-là mêmes qui nous l’ont imposée ne la respectent pas eux-mêmes ?? Saviez-vous que lorsque la Bible affirme que « Toute Écriture est inspirée de Dieu » une assertion que l’on trouve dans 2 Timothée 3:16-17, cela provient d’un texte dont l’authenticité est contestée ?? Hélas, non ! En réalité, rien dans la Bible n’a été directement inspiré par Dieu. Ce sont des hommes qui ont écrit ces textes, les uns après les autres; pourtant, on vous a fait croire qu’il s’agissait des paroles mêmes de Jésus ou de Dieu lui-même. Paul un homme écrivait à un autre homme : son ami Timothée. Il n’y a donc rien de divin dans ce texte. Pourtant, en dépit de tout cela aujourd’hui encore, nous enseignons à nos enfants que le Dieu des Juifs est le Dieu universel, tout en les amenant simultanément à croire que leurs propres ancêtres étaient maléfiques ou diaboliques. Par conséquent, ils vénèrent une figure étrangère et craignent leurs propres racines.
Chers frères et sœurs Noirs/Africains, le véritable danger de la Bible réside dans le fait d’y croire aveuglément simplement parce que nos parents ou nos proches nous ont répété, depuis l’enfance, que tout ce qu’elle contient est vrai. Le saviez-vous ?? Le Dieu de la Bible n’est pas apparu de nulle part. Selon les recherches historiques, Yahvé est devenu le Dieu officiel d’Israël en 622 av. J.-C., au cours des réformes religieuses du roi Josias, roi de Juda. À cette époque, le royaume d’Israël venait tout juste d’être conquis par l’Assyrie en 722 av. J.-C. un événement qui permit au roi Josias de consolider son pouvoir. Certains spécialistes estiment même que Josias commandita la rédaction du Livre du Deutéronome, lequel fut par la suite placé dans le Temple afin que le grand prêtre Hilqiyah puisse le « Découvrir ».
Alors, pourquoi continuer à croire aveuglément en une Bible que les Blancs/Occidentaux qui nous l’ont imposée ne respectent même pas eux-mêmes ?? Ils nous disent : « Heureux les pauvres, car le royaume des cieux est à eux », et pourtant, ce sont précisément eux qui accumulent les plus grandes richesses. Ils condamnent l’homosexualité dans leurs textes religieux, mais sont aussi les premiers à célébrer le mariage entre personnes de même sexe. Ils nous affirment que Jésus, Marie et Dieu sont Blancs, tout en vénérant des statues de la Vierge Noire (la Madone) tenant un enfant Noir/Africain. Ils proclament qu’« Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir », et pourtant, ils pratiquent avant tout l’égoïsme et l’individualisme, sous le principe cardinal du « Chacun pour soi, et Dieu pour tous ». En fin de compte, il est temps pour nous de penser par nous-mêmes, plutôt que de nous contenter de répéter ce qui nous a été enseigné. Ne laissons pas nos esprits devenir des copies sans âme.
Chers frères et sœurs Noirs/Africains, comprenez bien ceci : Dieu ne se trouve pas hors de vous. Il ne se trouve ni dans les synagogues, ni dans les basiliques, les cathédrales ou les temples et certainement pas dans les mosquées. Dieu doit être cherché et découvert en vous-mêmes, à travers une expérience personnelle et intérieure. Votre conception de Dieu ne doit pas être une simple croyance imposée, mais plutôt le reflet de votre propre cheminement, de l’histoire de vos ancêtres, de votre culture, de vos traditions et des valeurs qui vous ont été transmises. Le nom que vous portez tout comme votre vision du Divin fait partie intégrante de votre identité.
Cependant, de nombreux croyants abandonnent leurs noms Africains pour adopter des noms bibliques, Chrétiens ou Arabes. Ce changement n’est pas un acte spirituel, mais plutôt un acte de soumission à l’identité de ceux qui les ont convertis. Ce n’est pas Dieu qu’ils honorent, mais les codes culturels et religieux de leurs colonisateurs. L’âme, emprisonnée au sein du corps humain, est fragile et dépendante. Elle est influencée par les besoins du corps tels que la nourriture, le sommeil ou les émotions. C’est ce qui la rend faible chez tant d’individus. Pourtant, une fois libérée du corps, l’âme retrouve sa pleine puissance, affranchie des limites du temps et de l’espace.
La sagesse des anciens peuples Noirs/Africains est sans équivoque : Dieu ne doit pas être cherché hors de soi; Il réside en chacun de nous. C’est là une vérité que les religions n’enseignent pas. Elles préfèrent, au contraire, orienter les individus vers des lieux de culte et des rituels afin d’exercer sur eux toute forme de contrôle et de manipulation alors même que Dieu se découvre en soi-même. Chercher Dieu à l’extérieur constitue, par conséquent, une perte de temps et d’énergie.


