KONGOLISOLO
Actualité

Devoir de Mémoire – La conscience Noire et le soulèvement des townships de 1976 : Au début des années 1960, des parents Sud-Africains Noirs, inquiets des résultats scolaires catastrophiques de leurs enfants, s’organisèrent contre la discrimination dans l’accès à l’éducation. Ils constatèrent notamment que l’enseignement dispensé à leurs enfants entretenait un complexe d’infériorité qui entravait leur développement intellectuel et social. (Plus tard, à l’université, les lycéens de cette génération prirent leurs distances avec l’Union nationale des étudiants Sud-Africains (NUSAS), qu’ils jugeaient trop libérale et conciliante dans son idéologie multiraciale) « Les délégués de la NUSAS chargés des relations internationales soulignèrent d’ailleurs la contribution positive du panafricanisme dans la lutte contre l’apartheid »

Cependant, selon leur définition, le panafricanisme englobe tous les individus qui, en tant que citoyens d’un État Africain, souhaitent lutter pour l’autonomie politique, l’indépendance économique et l’utilisation des ressources dans l’intérêt de la population. Dans un contexte de nationalisme Noir croissant, cette définition, qui permettait à la NUSAS d’éviter d’aborder la question raciale afin de ne pas froisser le mouvement étudiant libéral Blanc dominant, a particulièrement irrité les étudiants et militants Noirs du PAC, qui ont donc décidé de fonder la South African Students’ Organisation (SASO) en 1969. Dirigée par Steve Biko, un étudiant militant exclu de la faculté de médecine de l’Université du Natal, la SASO s’est alliée à un autre groupe d’associations militantes, la Black People’s Convention (BPC).

À partir de fin 1973, l’alliance BPC-SASO comptait une quarantaine de sections formant un réseau d’assistance juridique, médicale, éducative et sanitaire. En collaboration avec de puissantes églises noires sud-africaines, elles mirent en place des programmes pour les communautés noires (Black Community Program, BCP). Le parallèle entre les Black Panthers et le mouvement de protestation étudiant afro-américain est évident, notamment par leurs références communes à Frantz Fanon et Malcolm X. Sous l’impulsion de Biko, des ouvriers, des artistes et des éditeurs, souvent influencés par les actions radicales du PAC, rejoignirent le mouvement étudiant pour former un vaste Mouvement de la Conscience Noire.

Le mouvement est décrit par Biko comme un état d’esprit, un mode de vie qui rejette les valeurs qui font des Noirs des étrangers sur leur propre terre, qui promeut l’autodéfinition plutôt que la définition par autrui, et qui considère l’unité du groupe comme la clé de l’accès au pouvoir, tant politique qu’économique. Prônant l’indépendance des Noirs, le mouvement de la Conscience Noire proposait d’élaborer une théorie politique pour préparer le peuple à l’action. Pour ce faire, il était nécessaire de former des intellectuels imprégnés de culture populaire, prêts à mener des initiatives d’éducation populaire, sans nécessairement avoir besoin d’une organisation structurée. Le parallèle entre les Black Panthers et le mouvement étudiant Afro-Américain est visible dans les références communes à Frantz Fanon et Malcolm X. Sous l’impulsion de Biko, ouvriers, artistes et éditeurs, souvent influencés par les actions radicales du PAC, se sont joints aux étudiants pour créer un vaste mouvement de la Conscience Noire.

Dans un contexte où l’apartheid contraint les dirigeants des mouvements de libération à l’exil, lorsqu’ils ne sont pas emprisonnés, l’objectif est de faire émerger au sein de la bourgeoisie des éléments prêts à transformer les troubles qui règnent dans les townships, notamment à Soweto, au Sud-Ouest de Johannesburg, capitale industrielle et financière du pays, en une véritable révolution. Le 17 mai 1976, plus d’un millier de lycéens de Soweto déclenchent une grève contre une loi imposant l’enseignement de l’Afrikaans dans les écoles Noires. Un mois plus tard, le 16 juin, aux cris de « Amandla Ngawethu ! Le pouvoir au peuple ! », une manifestation, coordonnée par des leaders étudiants de plusieurs établissements, âgés en moyenne de moins de 20 ans, est brutalement réprimée dans le sang.

Alors que la situation dégénérait en une sorte de guerre civile et que des images de la répression étaient diffusées sur les écrans de télévision du monde entier, la communauté internationale a condamné le régime de Pretoria et le Conseil de sécurité des Nations Unies a finalement voté l’imposition d’un embargo sur la vente d’armes, de munitions et de matériel militaire. Cependant, les pays Occidentaux ont eu du mal à imposer un code de conduite à leurs multinationales (banques, compagnies énergétiques, fabricants d’armes et entreprises technologiques), qui trouvaient régulièrement des moyens de contourner les décisions politiques.

la conscience

Articles similaires

Laisser un Commentaire