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Devoir de Mémoire – La ligne de démarcation entre spiritualité et religion vue par l’Afrique ancestrale : Contrairement à la religion formalisée et limitée, la spiritualité est par nature ce qui n’a pas de limites; c’est une quête perpétuelle et personnelle, un idéal qui ne peut être ni structuré ni gouverné; elle évolue à travers le temps et l’espace, et nous invite constamment à évoluer avec elle vers de nouvelles connaissances, de nouveaux horizons et de nouvelles perspectives. (Par sa nature et ses attributs, la spiritualité implique la connaissance de soi et la connaissance des autres, la liberté d’esprit, la liberté de pensée avec la possibilité du doute, et la liberté d’évoluer dans un monde en perpétuelle mutation); « La spiritualité ne vient pas de la religion; elle en est indépendante; elle vient directement de notre âme »

Chers frères et sœurs Noirs/Africains, il ne faut pas confondre religion et spiritualité : La religion est un ensemble de règles, de préceptes et de rituels créés par les humains, destinés à guider spirituellement les individus. Mais, du fait de l’imperfection humaine, des intérêts partisans et égoïstes, et de la soif de pouvoir et de domination, la religion s’est corrompue, politisée et instrumentalisée. Elle est devenue une source de division, un outil de répression et d’oppression, et un moyen de luttes de pouvoir. La différence est immense. La religion ne permet pas de transgresser certaines limites car elle impose, même au prix du sang, la foi, le mystère, le dogme et le blasphème – des contraintes auxquelles il faut se conformer.

Mais les spiritualités en Afrique, par exemple, ne sont pas des religions à part entière. Car la religion requiert une structure, une hiérarchie, des textes « Sacrés » et une politique d’expansion (culturelle, économique, territoriale) autant d’éléments qui contredisent les concepts mêmes de spiritualité. Les concepts de paganisme et de djihad islamique, par exemple, illustrent éloquemment les contraintes et les préceptes religieux du christianisme et de l’islam, avec leur prosélytisme. Et quiconque ne partage pas leurs croyances est un infidèle voué à l’anéantissement pour la gloire de leur Dieu d’Israël ou d’Allah, ou au nom de leur Jésus ou de leur Mahomet. « Mais en Afrique, il n’y a pas de prosélytisme concernant les spiritualités des différents peuples. Aucun prêtre, aucun roi n’a mené de guerres saintes pour forcer d’autres peuples à accepter sa conception du divin. Ces actes ont commencé lorsque des rois se sont convertis aux religions abrahamiques, comme le célèbre Samory Touré ».

Le mot même « Religion » nous est inconnu, mais dans certaines langues occidentales, comme le grec, il se rapproche davantage de l’assemblée d’un peuple contraint de croire en ses vérités irréprochables, irréversibles et irrévocables. Dans les assemblées chrétiennes et musulmanes, ainsi que dans les synagogues, ces vérités sont révélées une fois pour toutes.

Le mot spiritualité lui-même est quelque peu galvaudé de nos jours et est devenu une sorte de fourre-tout, principalement en raison de la confusion qu’on lui attribue avec la religion. Pourtant, la spiritualité n’est ni une théologie ni une idéologie. C’est simplement un mode de vie, pur et originel, inspiré par la nature, vécu selon ses lois. La spiritualité est le lien qui nous unit au Créateur, à l’univers et les uns aux autres. Une personne spirituelle (homme/femme) aspire constamment à une vie supérieure sans imposer son mode de vie aux autres.

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