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Devoir de mémoire – Face au racisme qui gangrène Facebook, des employés noirs/africains de Facebook ont adressé une lettre ouverte à l’entreprise, déclarant : Chaque jour, nous sommes traités comme si nous n’avions pas notre place ici. Si Facebook traite ses employés Afro-Américains comme des esclaves, à combien plus forte raison vous traitez-vous, vous, Noirs/Africains d’Afrique, qui utilisez Facebook ? (Ils fermeront vos comptes, groupes et pages à tout moment; car en réalité, vous ne valez rien, vous de simples sauvages), « Quand Facebook brille par son racisme, un employé Noir/Africain de Facebook a accusé le géant des réseaux sociaux de négliger ses employés et utilisateurs Noirs/Africains, un groupe d’employés de Facebook a publié une note anonyme affirmant que la culture d’entreprise s’est encore détériorée pour les travailleurs non Blancs/Occidentaux »

Publiée sur Medium, cette note interne documente diverses microagressions et attaques plus générales dont des employés affirment avoir été victimes au cours de l’année écoulée, de la part de managers, des RH et de leurs collègues blancs/occidentaux. Elle a été coécrite par douze employés actuels, dont des personnes noires/africaines, latino-américaines et asiatiques. « Nous sommes tristes, en colère, opprimés, déprimés et subissons quotidiennement des microagressions et des attaques plus générales, comme si nous n’avions pas notre place ici », peut-on lire dans la note. Sa publication a coïncidé avec l’événement mondial de l’entreprise (Black@), qui rassemble chaque année des centaines d’employés noirs/africains de Facebook et auquel participent le fondateur Mark Zuckerberg et la directrice des opérations Sheryl Sandberg. Ces deux hommes, comme c’est souvent le cas pour les hauts dirigeants, se sont adressés directement aux participants pour souligner l’importance qu’ils accordent à l’inclusion et à l’autonomisation.

La note présente un récit bien différent, familier à nombre de personnes travaillant dans les grandes entreprises américaines et le secteur technologique, et conforme aux témoignages recueillis par les employés Noirs/Africains de Facebook. Des expériences précises sont mises en lumière : un thème récurrent est celui des employés non blancs qualifiés d’agressifs ou d’arrogants par leurs supérieurs et collègues ; plusieurs employés ont également rapporté avoir été directement dénigrés par leur hiérarchie. Un chef de projet raconte s’être fait dire, au petit-déjeuner, par deux employés Blancs/Occidentaux :  Nettoie après nous ! Lorsqu’il a signalé l’incident à son supérieur, ce dernier lui a simplement conseillé de s’habiller de manière plus professionnelle. « La lettre contient également des captures d’écran de messages racistes et offensants provenant de Blind, une application communautaire anonyme utilisée en entreprise. Les personnes Noires/Africaines sont-elles réellement maltraitées ou se plaignent-elles simplement ? S’interrogeait un utilisateur anonyme. Un autre écrivait : Ceux qui se plaignent de racisme devraient passer à autre chose ou aller travailler ailleurs. C’est vraiment dommage que l’on utilise la diversité comme critère de recrutement et que l’on abaisse ainsi nos exigences. Une autre personne a même annoncé son intention de se débarrasser d’un homme Noir/Africain très arrogant qui se prend pour un génie ».

Facebook, et plus précisément Mark Zuckerberg, a déjà été critiqué pour la manière dont l’entreprise marginalise les employés et utilisateurs Noirs/Africains de sa plateforme. L’année dernière, Mark Luckie, un ancien employé, a distribué une note à tous les employés de Facebook peu avant son départ, affirmant sans ambages : « Facebook a un problème avec les personnes Noires/Africaines ». Il a notamment souligné le manque de représentation dans certains bâtiments, on trouve plus d’affiches « Black Lives Matter » que de personnes Noires/Africaines et l’hostilité au travail comme étant des problèmes majeurs. « La suppression par Facebook des comptes d’utilisateurs Noirs/Africains de sa plateforme témoigne de la marginalisation de ses employés Noirs/Africains, a-t-il écrit. « Durant mon passage dans l’entreprise, j’ai entendu bien trop d’histoires d’employés Noirs/Africains qualifiés d’Hostiles ou agressifs par un collègue ou un supérieur, simplement pour avoir exprimé leurs opinions de la même manière que les autres membres de l’équipe ».

Ce type d’expérience est courant pour les travailleurs Noirs/Africains dans tous les secteurs aux États-Unis, mais il est particulièrement préoccupant compte tenu de leur forte présence sur la plateforme Facebook. Comme l’écrit Luckie : « Selon une étude commandée par Facebook, les Afro-Américains sont plus susceptibles d’utiliser Facebook pour communiquer quotidiennement avec leur famille et leurs amis. 63 % utilisent Facebook pour communiquer avec leur famille et 60 % pour communiquer avec leurs amis au moins une fois par jour, contre respectivement 53 % et 54 % pour l’ensemble de la population. Les personnes Noires/Africaines sont à l’origine de ce type d’interactions sociales significatives. Facebook s’efforce de les faciliter ».

L’incapacité de Mark Zuckerberg à assurer une protection efficace aux utilisateurs Noirs/Africains de Facebook a été condamnée par des membres du Congrès. La représentante Joyce Beatty (démocrate de l’Ohio) a notamment interrogé avec véhémence le fondateur milliardaire de Facebook sur le bilan douteux de son entreprise en matière de droits civiques. Un article précédent de USA Today révélait également que Facebook réagit rarement aux signalements répétés d’insultes racistes, de menaces violentes et de campagnes de harcèlement visant les utilisateurs Noirs/Africains. Ce problème commence au sein même de l’entreprise, affirment des employés non Blancs/Occidentaux de Facebook. Dans une note interne, ces employés expliquent qu’ils ne peuvent se permettre d’être vulnérables à l’extérieur car Facebook les a rendus vulnérables au sein même de leur entreprise.

Le racisme, la discrimination, les préjugés et l’agression ne sont pas le fruit du hasard, écrivent-ils. Ils se manifestent par de petits actes qui s’accumulent au fil du temps et s’intègrent à une culture où nous ne sommes considérés que comme des quotas, sans jamais être entendus, reconnus ni acceptés. « Les Américains aiment parler de la Constitution et de la façon dont elle protège les droits de chaque citoyen et lui promet la liberté, mais c’est aussi un pays fondé sur le racisme, et ils n’en parlent pas beaucoup. Et chaque fois qu’un film aborde le racisme, certaines régions du pays se sentent mal à l’aise. (By; Denzel Washington) ».

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