Thomas Thistlewood a poussé le cynisme à l’extrême en consignant méticuleusement les détails de ses viols dans son journal intime : 10 000 pages d’une écriture dense où il notait chaque détail des atrocités commises. Ces atrocités constituaient pour lui un véritable système de terreur. Il violait ses esclaves pour affirmer son pouvoir, les considérant comme des animaux et se faisant leur maître Blanc/Occidental. Il démontrait encore sa cruauté en punissant sévèrement les esclaves qui lui résistaient, les fouettant jusqu’à ce que leurs plaies soient meurtries (il utilisait du sel, du jus de citron et du piment). Il les humiliait également en leur fourrant des excréments dans la bouche et en les bâillonnant. Il consignait même les performances sexuelles des esclaves qu’il violait, décrivant ainsi par écrit et en détail comment les Blancs/Occidentaux traitaient leurs esclaves avec une cruauté indescriptible, un système fondé sur la terreur du corps et de l’esprit des esclaves Noirs/Africains.

Thomas traitait ses esclaves avec cruauté, bien qu’il dépendît d’eux pour sa subsistance. Outre des notes méticuleuses sur la production de sucre, il tenait des registres détaillés de sa vie sexuelle, révélant pleinement l’exploitation sexuelle des esclaves, endémique dans cette société. (Source : La véritable histoire de l’Afrique). « Chers frères et sœurs noirs/africains, savez-vous ce qu’est le viol colonial de la femme Noire/Africaine ?? » Ce tableau, intitulé « Le viol de la négresse », représente deux jeunes hommes Blancs/Européens nus s’apprêtant à violer une femme Noire/Africaine. L’un d’eux la désigne du doigt, la raillant, tandis que l’autre la maintient au sol pour la violer, et la victime appelle à l’aide. Ce type de viol était généralement un viol collectif, permettant d’éviter toute question de paternité ultérieure. Le viol a toujours été un instrument de domination coloniale, et la violence sexuelle coloniale s’exprimait par le viol.
Il était nécessaire d’asservir sexuellement les colonisés pour établir la domination, car le corps colonisé est animalisé, objectivé afin de le contrôler, de le surveiller et de le punir. Ce phénomène était en effet accepté dans l’imaginaire Blanc/Européen, mais avec une hypocrisie généralisée, car les hommes Blancs/Européens développaient des fantasmes sur les femmes Noires/Africaines qu’ils ne pouvaient avouer en public. En public, ils faisaient tous semblant de ne pas être attirés par les femmes Noires/Africaines.
Ce phénomène de viol collectif était si répandu qu’un peintre flamand, Christiaen van Couwenbergh (1604-1667), en a fait une toile, toujours conservée au musée de Strasbourg. Réalisée en 1632, à une époque où la traite négrière était en plein essor et où les femmes Noires/Africaines étaient réduites à l’état d’objets sexuels, cette œuvre, représentant le viol d’une femme Noire/Africaine, a choqué ses contemporains, non pas par sa violence intrinsèque, mais par la représentation d’une relation sexuelle interraciale, jugée indécente à l’époque.

