Emporté et dynamisé par la fièvre de l’authenticité, un artiste Kongolais a composé une chanson en 1972 pour exprimer ses interrogations. Il s’agit de la célèbre chanson Nakomitunaka, qui signifie littéralement (je me demande). Dans cette chanson, Kiamwangana Verckys met en lumière un certain nombre de faits bibliques défavorables aux Noirs/Africains.
Mon Dieu, je n’arrête pas de me poser des questions. À l’église, nous constatons ceci :
- Les images de tous les saints représentent des personnes Blanches;
- Tous les anges sont Blancs;
- Si c’est le diable, l’image représente une personne Noire;
- D’où vient cette injustice ? D’où vient la peau Noire ??
- Les colonialistes nous ont trompés de cette manière. Ils rejettent les statuettes de nos ancêtres. Ils rejettent les médecines traditionnelles, mais à l’église, nous constatons que nous prions, le chapelet à la main, dans une église remplie de statuettes, mais ces statuettes ne représentent que des personnes Blanches. Pourquoi, mon Dieu ??
- Nous croyons en des prophètes Blancs, mais eux ne croient pas en des prophètes Noirs. L’Afrique veut y voir clair; Afrique, nous ne devons plus reculer.
- Mon Dieu, je n’arrête pas de me demander : Quelle est l’origine de la peau Noire ?? Qui est notre premier ancêtre ?? Jésus, le fils de Dieu, est Blanc. Adam et Ève sont Blancs. Tous les saints sont Blancs. Pourquoi, mon Dieu ?? Mon Dieu, je n’arrête pas de me poser ces questions.
En cette période de quête d’authenticité, le peuple Kongolais est profondément touché par le message et les questions soulevées par cette chanson. Il commence à réfléchir et à prendre conscience de certaines réalités. Plusieurs Kongolais décident purement et simplement d’abandonner les religions chrétiennes et de revenir aux traditions Noires/Africaines. De nombreux Kongolais baptisés décident de ne plus aller à l’église.
La méfiance envers les religions chrétiennes ne cesse de croître. L’Église catholique s’inquiète; elle craint que cette ferveur ne se propage à d’autres pays Africains. Le Vatican demande au clergé Kongolais de lutter pour interdire cette chanson. La rumeur de l’interdiction de la chanson se répand et provoque de violentes émeutes qui durent une semaine.


