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Devoir de Mémoire – L’histoire ne peut être falsifiée : Ces personnalités du régime Mobutu ont fait assassiner des chrétiens qui réclamaient le bien-être du peuple le 16 février 1992. Des milliers d’habitants de Kinshasa étaient descendus dans la rue pour une marche pacifique appelée Marche de l’Espoir, à l’appel d’une association catholique laïque (les chrétiens réclamaient la réouverture de la Conférence nationale souveraine (CNS), fermée le 19 janvier 1992 par le Premier ministre Nguz-a-Karl-i-Bond); « Les personnes impliquées dans cet événement sont : l’ancien Premier ministre Jean Nguza Karl-i-Bond, l’ancien ministre de la Défense, conseiller spécial de Mobutu et chef des services secrets, Honoré Ngbanda Nzambo, et l’ancien ministre de l’Intérieur, Mandungu Bula Nyati »

L’histoire s’en souviendra, et cela devrait servir de leçon aux dirigeants actuels. Hélas, des événements similaires se sont produits sous le règne de l’ancien président Joseph Kabila. Des chrétiens ont également été assassinés alors qu’ils réclamaient l’organisation d’élections dans le pays.

Rappel historique : Nous sommes en 1988, dans l’ancien Zaïre. Mobutu Sese Seko ignorait qu’à peine deux ans plus tard, sous la pression d’événements internes et externes, il serait contraint de libéraliser son régime sclérosé. Mais avant cela, le 17 janvier de cette année 1988, un homme politique Zaïrois s’apprêtait à réaliser un exploit audacieux : organiser une réunion d’un parti politique interdit, l’UDPS (Union pour la démocratie et le progrès social), en plein cœur de Kinshasa, au niveau du pont Kasa-Vubu (pont Ngabi).

L’événement doit être replacé dans son contexte politique. Ce contexte était marqué par une mainmise autoritaire sur le paysage politique. Le président fondateur du MPR régnait en maître absolu. Il détenait un pouvoir de vie et de mort sur chaque citoyen zaïrois, sous un régime de terreur résumé par une formule anachronique : « Olinga, olinga te oza na kati ya MPR », ce qui signifie « Que vous le vouliez ou non, vous êtes membre du MPR (Mouvement populaire de la Révolution) du président fondateur Mobutu ». Un homme, cependant, brava l’interdit au péril de sa vie, déjouant les pièges tendus par les forces de sécurité de Mobutu autour de sa résidence à Limeté. Il entra ainsi de plain-pied dans l’histoire politique du Kongo-Zaïre, une histoire qui se poursuit encore aujourd’hui.

C’est là que naquit clairement ce courage politique, un courage qui ne le quitterait jamais dans son combat pour l’instauration d’un État de droit au cœur du berceau de l’humanité. Par cet acte, sans mourir, il avait, pour ainsi dire, reçu le « Mokako sua des bankoko » (la bénédiction des ancêtres). Colette Braeckman, dans Le Dinosaure, p. 334, raconte l’événement : « Le 17 janvier 1988, jour anniversaire de la mort de Patrice Lumumba, Tshisekedi convoqua un rassemblement populaire au centre de Kinshasa, près du pont Kasa-Vubu. L’armée intervint, causant de nombreux morts et blessés. Tshisekedi fut emprisonné à la prison de Makala. Pour détourner l’attention de l’opinion internationale, le régime mit au point une nouvelle stratégie : des psychiatres du Centre neuro-psychopathologique le déclarèrent mentalement instable, souffrant de paranoïa (Note de l’éditeur : le Dr Tharcisse Loseke avait refusé de participer à cette mascarade) ».

Il aurait fallu être fou pour oser défier l’absolutisme de Mobutu dans sa propre capitale ! Exilé à Isiro, puis à Dungu, dans le Nord-est du Zaïre, et enfin au village Ngbandi de Monga, près de la frontière Soudanaise, Tshisekedi a assisté impuissant au ralliement de la plupart de ses compagnons au parti unique (MPR, le parti-État). Il a feint d’abandonner la lutte, mais est resté au pays, incarnant un symbole de résistance. Symbole de résistance interne en 1988, symbole de résistance interne en 2014 : à son courage politique s’ajoutait une persévérance inébranlable, malgré les humiliations, les trahisons, les arrestations, les exils et les assignations à résidence.

Qu’on l’apprécie ou non, qu’on le critique ou non, parfois, en considérant son combat, les Kongolais pourraient s’arrêter un instant pour lui dire : merci pour votre persévérance, puis reprendre leurs critiques s’ils le souhaitent. D’autant plus que son combat était démocratique et que la critique en faisait partie intégrante.

falsifie

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