Puisque ces objets ont pour la plupart été volés, c’est donc une part de l’âme de nos ancêtres qui a été dérobée. Le butin de guerre est aussi important que la victoire elle-même. Ainsi, la pratique de s’en emparer ne s’est pas instaurée par hasard. L’oppression violente des peuples après leur défaite vise à anéantir toutes les forces, tous les moyens, toutes les idées de révolte et de résistance, et à les maintenir dans la misère.
Voilà pourquoi l’oppresseur s’est emparé de nos énergies, de notre essence, de nos racines. En bref, il s’est emparé de tout ce qui devrait nous rendre entiers. L’oppresseur impose plusieurs formes de pauvreté aux opprimés :
- Pauvreté intellectuelle : par l’assassinat de dirigeants, d’érudits, de notables et de guérisseurs;
- Pauvreté matérielle : par la monopolisation de leurs ressources et de leurs richesses;
- Pauvreté spirituelle : par la confiscation de leurs objets de culte, d’art et de culture, et par la dénigration de leurs religions et spiritualités;
- Tout cela a un impact profond sur la psychologie des générations futures, sur leur autodétermination et sur les fondements spirituels sur lesquels elles peuvent forger la résilience, la vengeance, la fierté, la dignité et la mentalité de vainqueur nécessaires à leur propre développement;
- En s’emparant des objets de culte et d’art des Noirs/Africains, les oppresseurs accèdent définitivement à leur psychologie, remettent en question leur spiritualité et contestent les forces sur lesquelles ils s’appuient et qui façonnent leur caractère.
Par conséquent, nous devons tout mettre en œuvre pour exiger la restitution de nos objets sacrés à nos terres. Nous sommes heureux de financer et de restaurer les objets sacrés d’autrui ; faisons de même pour les nôtres. Nous y gagnerons bien plus que nous ne l’imaginons. Et pour dénouer ce nœud gordien, les Noirs/Africains doivent d’abord guérir spirituellement et mentalement !
