Ce pur chef-d’œuvre de géométrie, comme l’a décrit Pierre Amrouche, expert de cette vente et ami de Vérité, est désormais l’œuvre d’art primitif la plus chère jamais vendue au monde. Ce masque, considéré comme l’un des dix seuls exemplaires authentiques connus (Ngil), est apparu en 1984 lors de la légendaire exposition « Primitivisme » au MOMA de New York. Picasso lui-même aurait été influencé par cette représentation stylisée d’un visage humain au front haut, que l’on retrouve dans son œuvre « Les Demoiselles d’Avignon ».
Les masques étaient utilisés dans les sociétés secrètes. La confrérie Ngil (gorille), interdite en 1910 pour avoir contesté l’autorité coloniale, a contribué à démasquer les sorciers maléfiques. Cette confrérie utilisait de grands masques allongés en forme de cœur, avec un nez fin et effilé remontant jusqu’aux arcades sourcilières.
La couleur blanche de ces masques suggère qu’ils étaient utilisés dans le culte des ancêtres. Une autre version attribue le port de ces masques à une catégorie de personnes au sein du groupe qui auraient agi comme une force de police secrète. « La société de danse (Ngontang), créée au début du XXe siècle, était également une société secrète et, supplantant le culte interdit « Byeri », elle utilisait des masques en forme de casque à trois ou quatre faces peintes en blanc et au front arrondi ».

