Des enquêtes récentes ont également révélé qu’au Bénin, certaines familles sacrifiaient leurs descendants dans le but ultime d’échapper à l’esclavage, les propriétaires d’esclaves préférant les corps intacts. Ces marques sont pratiquées sur des enfants dès l’âge de dix ans. Considérées comme un rite de passage, ces scarifications s’accompagnent généralement d’une cérémonie. Leurs significations sont aussi nombreuses que les scarifications elles-mêmes. Selon la forme, la taille et l’emplacement des marques sur le visage, il est possible d’identifier les individus appartenant à un groupe ethnique, une famille ou une classe sociale particulière.
Autrefois symboles de personnalité et de différenciation, les scarifications étaient fièrement arborées comme marques d’identité par certains peuples africains. Elles leur permettaient d’affirmer leur appartenance à un groupe ethnique, une tribu ou une classe sociale. La scarification a toujours été une dimension fondamentale de la culture humaine dans toutes les sociétés où elle a été pratiquée; mais aujourd’hui, cette pratique est en voie de disparition. Autrefois, les enfants sans scarifications étaient souvent la cible de moqueries à l’école.
Aujourd’hui, au contraire, cette tradition est considérée comme une pratique parfois barbare, parfois rétrograde, et parfois risquée pour la santé. Ces marques sont aujourd’hui source de honte. Interdite dans plusieurs pays, notamment au Burkina Faso, la scarification tend donc à disparaître. Les dernières personnes qui en portent encore aujourd’hui ont généralement au moins quarante ans et constituent la dernière génération.

