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Devoir de Mémoire – La mort de Mary Turner, expression d’une barbarie absolue, est si tragique qu’il ne faut pas chercher bien loin le diable : Le diable, c’est l’homme Blanc/Occidental, on l’appelle l’homme Blanc/Occidental, autrement dit, l’homme Blanc/Occidental est le diable en personne; (Mary Turner, nous voulons que vous connaissiez son nom et son histoire, elle qui a publiquement dénoncé le lynchage de son mari); « Mary Turner, enceinte de huit mois, lâchement lynchée en Géorgie : cet acte est l’un des plus grotesques et barbares de l’histoire Américaine; (le plus grave, bien sûr, est que personne n’a été tenu responsable, et que justice n’a jamais été rendue pour Mary Turner) » … (VIDÉO)

Nous vous invitons à vous arrêter un instant et à réfléchir à la dépravation, à la pure perversité qu’il faut pour lyncher une femme qui attendait sa famille depuis huit mois, pour finalement accoucher un mois plus tard. Mais le pire, c’est que le mal dénoncé depuis des années existe toujours; autrement dit, le mal qui a conduit au lynchage de Mary Turner n’a jamais disparu. Il a simplement évolué et s’est transmis de génération en génération. « Qui était Mary Turner ? Mary Turner était une jeune femme Noire/Africaine de 19 ans, née en 1899 de Perry Graham et Elizabeth Johnson dans le comté de Brooks, en Géorgie. Enceinte de huit mois, elle fut assassinée après avoir publiquement dénoncé l’exécution extrajudiciaire et illégale de son mari, Hazel Turner ».

En effet, le soir du 16 mai 1918, Hampton Smith, propriétaire Blanc d’une plantation, connu pour maltraiter, battre et torturer ses ouvriers, fut abattu sur sa plantation par Sidney Johnson, un jeune ouvrier Noir/Africain de 18 ans. Smith remédia alors à la pénurie de main-d’œuvre en employant des condamnés et en payant à Johnson une amende de 30 dollars. Johnson avait été condamné pour jeu illégal et, lorsque Smith l’avait forcé à travailler sur la plantation, il avait été battu à plusieurs reprises. Quelques jours avant sa mort, Johnson avait été violemment battu par Smith pour avoir refusé de travailler malgré une grave maladie. Il convient de noter que Smith avait également un long passé avec Mary Turner et son mari.

Ce dernier avait été condamné pour s’être enchaîné après avoir menacé Smith, qui avait battu Mary. Le meurtre de Smith fut suivi d’une chasse à l’homme d’une semaine, au cours de laquelle au moins 13 personnes furent tuées. Parmi elles figurait le mari de Mary, Hayes Turner, qui fut arrêté. Après son arrestation le matin du 18 mai 1918, il fut rapidement lynché. Mary fut anéantie par le meurtre de son mari. Elle nia toute implication de ce dernier dans le meurtre de Smith. Elle s’opposa publiquement à ce meurtre et menaça même de faire arrêter les membres de la Mafia.

La Mafia se retourna alors contre elle, bien décidée à lui donner une leçon. Elle parvint à s’échapper, mais la Mafia la retrouva et l’emmena au pont de Folsom. Là, elle fut pendue la tête en bas à un arbre, aspergée d’essence et d’huile de moteur, puis brûlée vive. Alors que Turner était encore en vie, un mafieux lui ouvrit l’abdomen d’un coup de couteau. Son enfant à naître tomba au sol, où il fut criblé de balles avant d’être piétiné et écrasé. Finalement, le corps de Turner fut criblé de centaines de balles. Mary Turner et son enfant furent abattus et enterrés près de l’arbre. Seule une bouteille de whisky marquait leur tombe.

Les meurtres de Hayes et Mary Turner ont suscité une brève vague d’indignation nationale. Suite à ces lynchages, de nombreux résidents Noirs/Africains ont été contraints de fuir la région, malgré les menaces de mort proférées contre quiconque tentait de partir. Les mots sont impuissants à exprimer la barbarie infligée à Mary Turner et à son enfant à naître de huit mois. Seul le diable (l’homme Blanc/Occidental) pouvait commettre un tel crime.

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