Pour ne parler que des Églises, il faut bien l’admettre : les patriarches, les personnages bibliques et les ancêtres que nous vénérons si souvent n’étaient pas forcément des modèles de vertu ou de moralité. Pourtant, vous continuez à les invoquer dans vos prières, à donner leur nom à vos enfants, sans vraiment vous poser de questions. On pourrait se demander ce qui vous pousse à agir ainsi. La réponse réside probablement dans l’ignorance. Mais après avoir lu ce qui suit, vous comprendrez mieux.
- Commençons par Abraham (le soi-disant Père des croyants) : selon les récits bibliques (Genèse 12 et Genèse 20:21:1-2), Abraham n’a pas toujours agi de manière exemplaire. Il a menti à deux reprises en présentant sa femme Sarah comme sa sœur, afin d’éviter le danger et de gagner la faveur de puissants (le pharaon d’Égypte et le roi Abimélech). Par cette ruse, il a indirectement permis à Sarah d’intégrer les harems royaux. De plus, Abraham avait épousé Sarah, sa demi-sœur, ce qui, selon les normes morales actuelles, serait considéré comme un cas d’inceste;
- Quant à Sarah : elle apparaît dans ces mêmes récits comme soumise aux décisions d’Abraham, participant à ses stratégies sans réel choix. Ces épisodes soulèvent des questions éthiques sur le comportement et les décisions de personnages considérés comme sacrés;
- Isaac : Il répéta les erreurs de son père Abraham. Craignant pour sa sécurité, il présenta sa femme Rébecca comme sa sœur (Genèse 26:7-11), préférant la tromperie à la confiance en Dieu. Ce geste révèle une stratégie de survie similaire au détriment de la vérité;
- Jacob : Il est souvent perçu comme le plus rusé des patriarches. Avec la complicité de sa mère, il trompa son père Isaac pour obtenir la bénédiction destinée à son frère aîné Ésaü (Genèse 27). Plus tard, chez son beau-père Laban, il utilisa une stratégie ingénieuse, mais douteuse pour s’approprier une grande partie du troupeau (Genèse 30). Finalement, il apaisa la colère de son frère avec une partie de ces richesses acquises de manière douteuse;
- Rébecca : Elle a joué un rôle central dans la tromperie qui a privé Ésaü de son droit d’aînesse. C’est elle qui a mis le plan à exécution, incitant Jacob à se faire passer pour son frère afin de tromper leur père aveugle;
- Rachel : Avant de quitter la maison de son père Laban, Rachel vola des statuettes représentant les divinités familiales (Genèse 31:19). Lorsqu’il vint fouiller sa tente pour les récupérer, elle cacha les objets sous elle et fit semblant d’avoir ses règles pour éviter de se lever. Elle les emporta ainsi secrètement chez Jacob;
- Aaron : Face à la pression du peuple en l’absence de Moïse, Aaron céda et fabriqua un veau d’or, instituant même une fête en son honneur (Exode 32). Mais lorsque Moïse descendit du mont Sinaï et découvrit l’idolâtrie du peuple, Aaron tenta de se disculper en rejetant la faute sur les Israélites, niant ainsi sa propre responsabilité;
- Salomon : Malgré sa sagesse légendaire, Salomon tomba dans l’excès. Il eut 700 épouses et 300 concubines (1 Rois 11), ce qui l’éloigna progressivement de sa foi. Influencé par ses nombreuses épouses étrangères, il commença à adorer d’autres dieux, transgressant ainsi les commandements divins. Il est également décrit comme un amateur de plaisirs et de richesses;
- David, adultère et meurtrier : Le roi David, malgré son statut d’homme « selon le cœur de Dieu », commit l’adultère en prenant Bethsabée, la femme de son général Urie. Pour couvrir son péché, il ordonna la mort de ce dernier au front (2 Samuel 11);
- Les filles de Loth : Selon le récit biblique (Genèse 19:30-38), les filles de Loth enivrèrent leur père pour coucher avec lui, chacune à son tour, et ainsi assurer une descendance. Un épisode troublant qui passe souvent inaperçu.
Et ce ne sont là que quelques exemples parmi tant d’autres. La liste des personnages bibliques au comportement douteux est longue, ce qui invite à une lecture plus critique des modèles dont nous héritons, sans les remettre en question.
Le temps est venu de réinvestir notre foi dans la connaissance, la dignité et le progrès collectif. Notre paradis est sur terre. Ceux qui croient en un paradis céleste devraient cesser de prier pour une longue vie sur terre. Nous voulons plus d’espace, le plus vite possible. Assez d’églises et de mosquées encombrantes.


