Jason Sendwé, chef du Balubakat, le parti qui regroupait les membres de leur ethnie commune, les Lubas, remarqua ses talents d’orateur et le nomma colonel de la branche jeunesse, en fait, des milices du Balubakat au Katanga. Ces milices rejoignirent l’insurrection lancée par les forces lumumbistes en 1964. « Le mouvement de guérilla de Kabila parvint à se maintenir pendant une trentaine d’années. Lors de la Première Guerre du Kongo, la coalition (Rwanda, Ouganda) le plaça à la tête de l’AFDL. Mobutu Sese Seko fut renversé en mai 1997 ».
Le saviez-vous ? Immédiatement après sa prise de pouvoir, Laurent-Désiré Kabila a déclaré : « Le peuple a compris que nous ne sommes que son expression ». Le pays était en proie au chaos, la police et l’armée étaient des forces de l’ordre sans foi ni loi, une armée qui rackettait partout et tuait sans scrupule. Il n’y avait ni administration ni ordre. Lors de la prise de Kinshasa, 36 000 armes ont été confisquées et plus de 400 partis politiques ont disparu. Mais les milices sont restées actives. Un pouvoir fort, même temporaire, était nécessaire pour pacifier l’immense ville de Kinshasa, avec ses plus de 6 millions d’habitants. C’était indispensable, et c’est ce que nous avons fait, avec beaucoup plus de justice et de clémence. « Je n’envoie pas les ministres en prison, c’est la loi qui les y envoie », a déclaré Laurent-Désiré Kabila !
Après la fuite du dictateur, il se proclama président. Laurent-Désiré Kabila affirma n’avoir jamais été Zaïrois et, à ce titre, il supprima toute référence à ce nom, adopté en 1971 par son prédécesseur. Le pays retrouva son nom d’origine, celui de son indépendance en 1960, le fleuve fut rebaptisé Kongo, le franc Kongolais remplaça la monnaie Zaïroise, et l’hymne national ainsi que la devise furent modifiés.
Le 16 janvier 2001, il fut assassiné par son garde du corps, Rashidi Kasereka. Le Dr Mashako Mamba, présent sur les lieux, tenta en vain de le réanimer. Le procès des auteurs présumés de l’attentat fut très controversé au sein de la communauté internationale. Trente personnes furent condamnées à mort, dont le colonel Eddy Kapend. Cependant, immédiatement après ce verdict, il fut annoncé que l’enquête se poursuivrait. À sa mort, son fils Joseph Kabila fut désigné par un groupe proche du gouvernement pour lui succéder.


