Lors des premières élections générales organisées au Kongo indépendant, son parti, le Balubakat, classé parmi les partis nationalistes, fut l’un des principaux alliés du MNC de Patrice Lumumba, aux côtés du PSA (Parti de la Solidarité Africaine) d’Antoine Gizenga et du CEREA (Centre de Regroupement Africain) d’Anicet Kashamura du Kivu. Lors de la formation du premier gouvernement, Jason Sendwé fut nommé par le Premier ministre Lumumba, malgré les vives protestations de Moïse Tshombe, au poste de commissaire d’État de la province du Katanga, chargé de superviser la gestion de cette province minière.
Cette nomination, considérée comme un affront par le dirigeant Katangais, a contribué à l’accélération de la proclamation de la sécession du Katanga. Après l’assassinat de Patrice Lumumba en 1961, Jason Sendwé a d’abord occupé le poste de deuxième vice-Premier ministre, puis celui de vice-Premier ministre au sein du gouvernement Adoula. Il a été démis de ses fonctions à la suite d’un vote de censure le 28 décembre 1962.
Du 27 septembre 1963 au 15 mars 1964 : Jason Sendwé a exercé pour la première fois les fonctions de président de la province du Nord-Katanga. Du 21 avril au 18 juin 1964 : il a effectué un second mandat à la tête de cette même province, période durant laquelle il a été assassiné. Aujourd’hui, nous souhaitons que le peuple Kongolais se souvienne de Jason Sendwé, leader du Balubakat et vice-Premier ministre et ministre par intérim au sein du gouvernement Adoula, assassiné pour votre/notre nation le 19 juin 1964.
Jason Sendwé a tout fait pour empêcher la sécession du Katanga et, malgré les diverses offres alléchantes des autorités Katangaises et des compagnies minières étrangères implantées dans la région à l’époque, il est resté inébranlable. Il ne souhaitait que l’unité du Kongo, rien d’autre; et voilà que ceux qui aspirent au pouvoir par la violence ont mis fin à la vision de Sendwé et à tout un mouvement nationaliste.
Le maréchal Mobutu le déclara donc héros national et renomma des stades, des avenues et des boulevards en son honneur. Une question nous taraude : Que devrions-nous faire, si possible à titre posthume, pour cet homme grâce à qui le Katanga fait encore partie intégrante du Kongo aujourd’hui ??


