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Devoir de Mémoire : Robert Mangaliso Sobukwe, né le 5 décembre 1924 et décédé le 27 février 1978, était un révolutionnaire Sud-Africain et militant anti-apartheid, surtout connu pour avoir fondé le Congrès panafricaniste (PAC). Surnommé « Le Prof », il était un leader charismatique et un intellectuel qui a grandement influencé la lutte pour les droits humains en Afrique du Sud; (Sobukwe se distinguait de Nelson Mandela par son positionnement plus radical et représentait une menace sérieuse pour le régime d’apartheid fondé sur la suprématie Blanche); « De nombreux historiens spécialistes de l’histoire de la communauté Noire considèrent Sobukwe comme l’équivalent de Malcolm X et Nelson Mandela comme celui de Martin Luther King, et pourtant, peu de gens se souviennent de Robert Sobukwe autant que de Nelson Mandela »

Sobukwe a été placé à l’isolement pendant une durée indéterminée ! Il a enseigné à l’université de Wits, a rompu avec l’ANC, puis a fondé le Congrès panafricaniste, un mouvement militant, le 6 avril 1959, dont il est devenu le premier président. Le Congrès panafricaniste rejetait toute alliance avec les Sud-Africains blancs ou d’origine occidentale, contrairement à l’ANC qui bénéficiait du soutien de Blancs libéraux et même du Royaume-Uni.

En 1959, en désaccord avec la position multiraciale de l’ANC, qui prônait l’appartenance de la terre à tous ses habitants, il provoqua une scission et fonda le Congrès panafricain (PAC). Sa philosophie reposait sur le nationalisme Africain et l’idée que l’Afrique devait appartenir à ses habitants autochtones (l’Afrique aux Africains). Le 21 mars 1960, Sobukwe lança une campagne de protestation non violente à l’échelle nationale contre les lois sur les laissez-passer, qui obligeaient les citoyens Noirs/Africains à porter un document d’identité restrictif. Il donna pour instruction aux membres du PAC de se rendre dans les commissariats sans leurs laissez-passer et d’exiger d’être arrêtés, adoptant la stratégie du « Ni caution, ni défense, ni amende ».

Sobukwe lui-même a mené la marche vers le commissariat d’Orlando. Cette campagne a culminé le même jour avec le massacre de Sharpeville, où la police a ouvert le feu sur les manifestants, tuant 69 personnes, un événement qui a suscité une condamnation internationale du régime d’apartheid. Arrêté pour incitation à la violence, Sobukwe a été condamné à trois ans de prison. Cependant, en 1963, le gouvernement d’apartheid a promulgué une loi unique, la « Clause Sobukwe », qui permettait de prolonger indéfiniment sa peine de prison sans procès. Il a passé six années supplémentaires en isolement cellulaire sur l’île de Robben Island, où il était le seul prisonnier politique et n’était pas autorisé à communiquer avec les autres détenus, y compris Nelson Mandela.

Libéré de prison en 1969, Sobukwe fut assigné à résidence à Kimberley et interdit de toute activité politique jusqu’à sa mort. Malgré des demandes répétées, le gouvernement lui refusa l’autorisation de voyager pour recevoir des soins médicaux jusqu’aux derniers stades de son cancer du poumon. Il mourut le 27 février 1978. L’histoire de Sobukwe fut longtemps occultée par le régime d’apartheid, qui interdisait même de prononcer son nom. Aujourd’hui, il est reconnu comme une figure majeure de la lutte contre l’apartheid, dont l’intégrité, le sacrifice et la vision panafricaniste continuent d’inspirer.

Sobukwe

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