Aujourd’hui, le Parti communiste chinois (PCC) est le plus grand parti au pouvoir au monde, avec 82 millions de membres et 4 millions de comités locaux. Depuis 1977, le PCC organise un congrès national tous les cinq ans pour renouveler son Comité central, ratifier le bilan de la direction sortante et approuver le programme pour le mandat suivant. Le Comité central est composé d’environ 200 membres titulaires et de moins de 200 membres suppléants. Une fois constitué, il élit un Bureau politique d’une vingtaine de membres et un Comité permanent de 5 à 9 membres, dont un secrétaire général. « Le dernier congrès du Parti communiste chinois (PCC) s’est tenu du 8 au 14 novembre 2012, réunissant quelque 2 270 délégués répartis en 38 délégations provenant de tout le pays, y compris de Taïwan et de Hong Kong. Ce 18e congrès du PCC a vu la nomination de Xi Jinping au poste de secrétaire général du parti, succédant à Hu Jintao ».
Jusqu’à l’aube des années 1990, et plus particulièrement jusqu’à la mort de Mao Zedong en 1976, la principale préoccupation stratégique du PCC était de pérenniser le pouvoir d’État acquis par la lutte et de consolider la souveraineté politique du pays face aux agressions étrangères potentielles. Cependant, à partir des années 1980, on peut distinguer trois grandes phases dans l’évolution stratégique du PCC : l’ouverture au monde et la modernisation (1977-1997), la conquête économique de l’Occident (1997-2008) et, depuis 2008, une phase accélérée de modernisation de l’État, de progrès sociaux et écologiques accrus et de diversification des relations internationales. « En 1977-1997 : Ouverture au monde et modernisation de la Chine, le 10e Congrès du PCC a été marqué par la réhabilitation de certains dirigeants historiques écartés, notamment le retour au pouvoir de Deng Xiaoping ».
Ce dernier entreprendrait une réforme majeure de l’État et de la société, visant à transformer radicalement les fonctions gouvernementales en fonctions de macro-contrôle, de gestion sociale et de services publics, et à confier aux entreprises le pouvoir de gérer la production. La modernisation de l’État consisterait à la fois à mieux rationaliser les procédures d’action publique et à mettre en œuvre un vaste programme national de recherche scientifique. Mais ce qui a le plus marqué les esprits dans les réformes de Deng Xiaoping, c’est le transfert progressif au secteur privé d’une part importante de la production nationale : de seulement 0,9 % du PIB en 1978, la part du secteur privé est passée à 25 % du PIB en 1997. Cette libéralisation économique a été étroitement contrôlée et planifiée par l’État chinois, ce que certains commentateurs étrangers ont confondu à tort avec la déréglementation effrénée qui se déroulait simultanément dans les économies occidentales ultralibérales.
De 1997 à 2008, la conquête économique de l’Ouest : Avec la mort de Deng Xiaoping en 1997, la Chine perdit son grand dirigeant politique, issu de la génération qui avait mené la célèbre Longue Marche (octobre 1934 à octobre 1935) et vécu la période très difficile de la Révolution culturelle. Cette génération d’acteurs politiques était particulièrement soucieuse de la stabilité intérieure et de la défense nationale face à toute menace étrangère. En revanche, la nouvelle élite du pays (universitaire, artistique, politico-économique; Etc.), qui accéda au pouvoir au début du XXIe siècle, était beaucoup plus ouverte au monde occidental, notamment grâce à une diaspora chinoise très active qui reliait le pays aux milieux socioprofessionnels étrangers.
Cette nouvelle classe dirigeante est plus attentive aux opportunités (technologiques, commerciales, industrielles; Etc.) que le contexte international peut représenter pour son pays ; l’un des événements clés de l’ouverture de l’économie chinoise à l’Occident a été l’adhésion de la Chine à l’OMC en 2002. Dès lors, les exportations, qui représentaient 16 % du PIB chinois en 1990, ont doublé pour atteindre 34 % du PIB en 2005. Le pays a rapidement propulsé son économie au deuxième rang mondial, derrière les États-Unis, avec des performances sans précédent en termes de développement des forces productives endogènes et de redistribution de la richesse nationale. Cependant, cette forte dépendance aux marchés extérieurs a connu un revers. Elle a posé de sérieux problèmes lors de la dernière crise financière du capitalisme survenue en 2008, dont la gestion politique a influencé la stratégie de la Chine au cours des années 2010. Depuis 2008 : priorité au marché intérieur et multipolarisation. Aujourd’hui, environ 50 % du PIB chinois provient d’initiatives privées, tandis que l’autre moitié de la richesse nationale est issue du secteur public ou parapublic.
L’expansion considérable du secteur privé en si peu de temps a engendré d’immenses fortunes personnelles. Mais elle s’est également accompagnée de graves inégalités socio-économiques entre les zones rurales et urbaines, ainsi qu’entre l’est du pays, relativement riche, et l’ouest, moins prospère. Par ailleurs, l’appauvrissement rapide des pays occidentaux, conjugué à l’émergence d’une vaste classe moyenne chinoise, a conduit le Parti communiste chinois à privilégier une répartition géographique et socioprofessionnelle plus équitable des bénéfices de 30 années de croissance soutenue.
Cependant, une telle expansion de l’économie nationale génère d’énormes besoins en hydrocarbures et autres matières premières. Ainsi, la réduction de la dépendance aux exportations n’a pas résolu la dépendance structurelle de la Chine aux importations de matières premières, notamment celles dont l’Afrique possède de très importantes réserves. Ces ressources naturelles africaines, dont l’extraction et la transformation sont depuis longtemps contrôlées par l’impérialisme capitaliste et son système bancaire transnational entièrement privatisé. Depuis la fin des années 1970, le système capitaliste occidental est entré dans une phase de déclin inexorable, pudiquement qualifiée de crise : une crise qui dure depuis plus de 40 ans, ponctuée de bouleversements périodiques qui exacerbent à chaque fois les inégalités socio-économiques, engendrant un chômage de masse de longue durée et laissant des millions de personnes sans abri ou mal logées.
Certes, cet échec indéniable du capitalisme aurait dû décourager son imitation, poursuivie névrotiquement par une élite franco-africaine cooptée et protégée au sein du pouvoir d’État par l’impérialisme occidental. Durant cette même période de 45 ans, les Chinois ont fait d’autres choix de politique économique, patiemment élaborés au cours des différents congrès du Parti communiste chinois (PCC) : au lieu d’une déréglementation capitaliste sauvage et du démantèlement des services publics, ils ont préféré une modernisation de l’économie par des moyens techniques de gouvernance, l’établissement d’une économie nationale par le biais d’un contrôle public direct du système monétaire et des secteurs stratégiques. Un État fort, dirigé par un pouvoir politique d’une souveraineté inébranlable : Deng Xiaoping demeure une figure emblématique des années 1980 et 1990, marchant sur les traces de l’illustre Mao Zedong.
En réalité, l’impuissance budgétaire chronique des États occidentaux surendettés, ainsi que la soumission politique des États vassaux franco-africains, démontrent à l’envi que les choix stratégiques de la Chine n’étaient en rien inférieurs au dogmatisme ultralibéral. Surtout, cela prouve – s’il en était encore besoin – que l’exercice effectif d’une souveraineté politique pleine et entière permet à une société politique de trouver en elle-même les voies et moyens de son plein développement, conformément à ses propres valeurs, institutions et pratiques culturelles endogènes. Le cas de la Chine, où les orientations stratégiques librement adoptées par une nation lui permettent d’explorer sa propre voie, en toute confiance en son avenir, est instructif à bien des égards. C’est précisément cette capacité d’autodétermination géostratégique que les panafricanistes réclament inlassablement pour le peuple noir : un peuple, un Dieu, une destinée; cependant, contrairement au Parti communiste chinois, le parti politique le plus puissant du monde, le panafricanisme politique contemporain souffre de son impuissance opérationnelle flagrante et de sa fragmentation organisationnelle pathologique.
Cependant, seule une organisation politique panafricaine de masse, véritablement implantée dans toutes les régions du monde panafricain et auprès de toutes les catégories socioprofessionnelles, notamment les plus défavorisées, pourra un jour mener une politique économique souveraine à l’échelle fédérale : celle d’un État fédéral panafricain. « By; Ligue Panafricaine Umoja (Organisation) ».


