Ce masque tire sa force d’une association iconographique complexe (la robustesse du buffle, la sagesse de l’antilope, l’agressivité du phacochère et la puissance du crocodile). « Cet objet est exceptionnel tant par la vigueur de son exécution que par sa petite taille. La patine met clairement en évidence son grand âge et son usage rituel ».

Chers frères et sœurs Noirs/Africains, parlons maintenant du masque Pendé : les Bapendé (pluriel de Pendé) sont un peuple Bantou d’Afrique centrale, présent dans la province de Bandundu (territoires de Gungu, Idiofa, Feshi et Kahemba), dans la province du Kasaï-Occidental (territoire de Tshikapa) au Kongo, ainsi qu’en Angola, leur pays d’origine. Selon les sources et le contexte, on observe plusieurs variantes orthographiques (Apendé, Bapendé, Ba-Pendé, Masangi, Masanji, Masindji, Pandé, Pendés, Phendé, Pindi, Pinji, Tupendé). Ils parlent le pendé, une langue Bantoue.
On dit que le nom de cette langue dérive du verbe « Gupenda », qui signifie insulte ou affront. Ce nom leur fut donné par les peuples voisins qui, considérant la puissance de feu des Blancs/Occidentaux en l’occurrence, les Portugais, leur permirent d’occuper leurs terres, contrairement à d’autres peuples qui choisirent la confrontation. Face à l’audace de ce peuple qui voulait combattre cette puissance de feu, une audace qui, pour d’autres, frôlait l’inconscience, ils les surnommèrent les Pendés/les rebelles.
Bien plus tard, lorsque ces populations, vaincues par les Portugais, se réfugièrent à l’intérieur des terres, dans leur région actuelle du Kongo, et lorsque la révolte éclata en 1931 contre l’autorité coloniale de l’époque, le Royaume de Belgique, les Belges finirent par se conforter dans l’idée qu’ils avaient affaire à un peuple insubordonné. « D’où l’emploi de Tupendé, un diminutif pluriel insultant en langue pendé, qui signifie (petits rebelles). Les Pendé, parlant d’eux-mêmes au pluriel, préfèrent s’appeler Apendé, ce qui signifie (grands rebelles) ».

