KONGOLISOLO
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Devoir de Mémoire – Voici les quarante-deux commandements de Maât : Pour comprendre ce qui suit, il est essentiel de comprendre le concept de la mort chez les Noirs/Africains; (Maât, fille de Nzambé, représente l’équité, la paix, la vérité et la justice, coiffée d’une parure de plumes. Maât désigne l’ensemble des lois qui régissaient la vie des anciens Kémites/Noirs/Africains); « Selon nos ancêtres Noirs/Africains, le but de l’existence était et demeure la préservation et la perpétuation de la vie; les ancêtres Noirs/Africains ont ainsi adopté un ensemble de lois pour garantir l’ordre, la justice et l’harmonie au sein de la société, à l’image de Nzambé durant le chaos des eaux primordiales (Noun). Il/Elle avait engendré une création ordonnée et harmonieuse »

Chaque être humain doit, à l’instar de Nzambé, dès l’origine, substituer l’ordre au désordre, le bien au mal, la vérité au mensonge, l’injustice à la justice, et ainsi de suite. Ce concept de la continuité de la vie par la vérité et la justice est ce qu’incarne Maât. L’opposé de Maât est Isfet. Isfet et ses partisans doivent être vaincus à tout prix, y compris par la violence si nécessaire, en dernier recours. C’est ce concept de la pratique perpétuelle du bien qui explique pourquoi nous, peuples noirs/africains, sans avoir été absolument parfaits, comptions parmi les peuples les plus vertueux du monde dans l’Antiquité.

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Un homme Mursi d’Ethiopie portant la Plume de la Maât.

Maât se retrouve sous de nombreux noms à travers l’Afrique authentique. Selon le savant Kamerounais Nkoth Bisseck, on l’appelle (Mbog/Bassa au Kameroun); (Mbongi en Kikongo/Kongos); (Mbok en Wolof/Sénégal); (Fokon’olo en Madagascar); (Mboka en Lingala/Kongo);(Bok/Abomey au Bénin); (Mvog /Ewondo au Kameroun), (Fokh/Fang, Kameroun/Gabon et en Guinée E); (Woko/Banyarwanda au Rwanda/Burundi); (Wiko/Copte en Égypte); (Wogo/Shilluk au Soudan du Sud); (Wooko/Pular, en Afrique de l’Ouest et Centrale); (Mogho/Mossi au Burkina Faso); (Dugu/Bambara au Mali); (Dhuughaa en Somali); (Hoggo/Dogon, au Mali); (Mpow/Akan en Afrique de l’Ouest); (Mogho/Soninké en Afrique de l’Ouest); (Hougan en Haïti); (Gbako/Mandingue en Afrique de l’Ouest).

La vie de chaque Noir/Africain doit être consacrée à la pratique de Maât. C’est à la mort que l’on doit prouver avoir pratiqué Maât en subissant le jugement dernier : « À la mort, le corps périt, l’énergie indestructible accède à l’éternité (la vie éternelle), et l’esprit/l’âme, responsable des actes commis, doit être jugé par Osiris ». Osiris préside le tribunal du jugement dernier dans la salle connue sous le nom de Salle des Deux Maât, accompagné de sa sœur-épouse Aïcha/Isis et de leur sœur Nabintou/Nephtys. Osiris, premier Être à avoir vécu le cycle de l’existence (vie-mort-justification-résurrection), est capable de déterminer qui a obéi aux lois divines.

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Planche III du Livre des Formules Efficaces pour la Fusion avec la Lumière Divine (plus connu sous le nom de Livre des Morts des anciens Égyptiens).

Elle représente le défunt et son épouse (vêtue de Blanc) subissant l’épreuve du jugement divin. Tout en haut, on aperçoit certains des 42 dieux de Maât. Inpu a une tête de chien; il prépare la balance, la plume d’un côté et le cœur de l’autre. Djehouty a une tête d’ibis. Le corps d’Amout est composé de trois animaux. Le défunt est conduit dans la salle des deux Maâts par Horus. Son cœur, où réside son Bâ (âme), est placé sur la balance par Anubis. Le cœur doit être aussi léger que la plume de Maât placée de l’autre côté. Djehouty/Thot transcrit le jugement du défunt. Le cœur doit être léger et les 42 commandements doivent avoir été respectés. « Si le jugement dernier est favorable, le défunt sera réhabilité par Osiris et son âme sera transmise à un nouveau-né (résurrection/réincarnation). Le vivant entrera alors en contact avec Nzambé grâce à son énergie éternelle et deviendra ainsi un ancêtre digne. En revanche, si le jugement est défavorable, Amoout (la divinité crocodile-léopard-hippopotame) dévorera le cœur, qui servira ensuite de nourriture aux 42 dieux de Maât ».

Osiris, celui qui naquit, mourut, fut justifié et ressuscita pour la première fois. Il siège sur son trône, présidant le tribunal des morts pour juger les défunts. Devant Osiris et ses sœurs, le défunt doit prononcer ces paroles :

  • Indj her ek ntjer aa, Neb Maâty Salut à toi, dieu grand, Maître des deux Maât;
  • Iou.i reh kwi tjou reh kwi ren ek Je te connais et je connais ton nom;
  • Reh kwi ren n pa ntjerou 42 Je connais le nom de ces 42 dieux;
  • Ankhyou m saou djout es Qui vivent de la garde des péchés;
  • Amy m senef sen Et s’abreuvent de leur sang;
  • Herou poui n kedou m bah Oun nefer Le jour de l’évaluation des qualités devant Oun nefer (l’éternellement bon/Osiris);
  • Mek saty merety irty neb Maâty ren ek Celui des deux filles (Aïssata et Nabintou), le maître des deux Maât est ton nom;
  • Mek iou i ii kwi her ek Voici que je suis venu vers toi;
  • In n i n ek Maât Et que je t’ai apporté ce qui est équitable;
  • Dera n i n ek isfet J’ai chassé pour toi l’iniquité.
  1. N ir i isfet r remet Je n’ai pas commis l’iniquité (le péché) contre les hommes;
  2. N semar i oundjout Je n’ai pas maltraité les gens;
  3. N ir i iouyt m set Maât Je n’ai pas commis de péchés dans la place de la Vérité;
  4. N rekh i ntet Je n’ai pas cherché (à connaître) ce qui n’est pas à connaitre = ne me suis pas mêlé des affaires d’autrui
  5. N ir i bou djou Je n’ai pas fait de mal;
  6. N ir i tep ra neb bakou iret n i, n rou ren i iat net herep hemou Je n’ai pas commencé ma journée (de travail en recevant une commission de la part des gens qui devaient travailler sous mon œil = je n’ai pas été corrompu ; et mon nom n’est pas parvenu aux fonctions d’un chef de travailleurs);
  7. N nemehe i hemouou m het ef Je n’ai pas privé un artisan de ses biens;
  8. N ir i bout ntjerou Je n’ai pas fait ce qui est abominable aux dieux;
  9. N semer i Je n’ai pas fait pleurer;
  10. N sema i Je n’ai pas tué;
  11. N oudj i sema Je n’ai pas ordonné de tuer;
  12. N ir i menet her neb remet Je n’ai fait de peine à personne;
  13. N hebi i sebou m rou perou Je n’ai pas amoindri les offrandes alimentaires dans les temples;
  14. N nehem i fenhou ahou Je n’ai pas volé les galettes des bienheureux;
  15. N nek i es Je n’ai pas été pédéraste (homosexualité);
  16. N dada i Je n’ai pas forniqué (sexe avec une personne mariée);
  17. N hebi i debhou Je n’ai pas retranché au boisseau (volé du blé);
  18. N hebi i setjat Je n’ai pas amoindri l’aroure (Je n’ai pas falsifié de comptes);
  19. N siat i ahout Je n’ai pas triché sur les terrains;
  20. N ouah i her mout net iousou Je n’ai pas ajouté au poids de la balance;
  21. N nemehe i m teh n mehat Je n’ai pas faussé le peson de la balance;
  22. N nemehe i irtet m ra n nehnou Je n’ai pas ôté le lait de la bouche des petits enfants;
  23. N kef i houout her semou sen Je n’ai pas privé le petit bétail de ses herbages;
  24. N sehet i apedou n tour ntjerou Je n’ai pas piégé d’oiseaux dans des roselières des dieux;
  25. N ham i remou n haout sen Je n’ai pas péché de poissons de leurs lagunes;
  26. N hesef i mou m ter ef Je n’ai pas retenu l’eau dans sa saison;
  27. N den i denit her mou asou Je n’ai pas opposé une digue à une eau courante;
  28. N ahem i het m at es Je n’ai pas éteint un feu dans son ardeur;
  29. N tehi i souou her setpet Je n’ai pas omis les jours des offrandes de viandes;
  30. N seni i menmenet her het ntjer Je n’ai pas détourné le bétail du repas (offrande) du dieu;
  31. N hesaf i ntjer m perou ef Je ne me suis pas opposé à un dieu dans ses sorties en procession.

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Hommes centrafricains avec la plume de la Maât.
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Femme Duruma, Kenya avec la plume de la Maât N oudj i ntjerou paoutiou Je n’ai pas blasphémé les dieux primordiaux.
 
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Homme peul, Afrique de l’ouest Hommes Igbo, Nigeria.

Iou i wab i sepa ! iou I wab I sepa! Iou I wab I sepa! Iou I wab I sepa Je suis pur, je suis pur, je suis pur, je suis pur. Nen kheper bou djou r i m ta pen oushet tjen net Maaty her ntet twi reh kwi ren n nen ntjerou ounyou im es Il ne m’arrivera pas de mal en ce pays car je connais le nom de ces dieux qui s’y trouvent.

  1. N senet i Ntjer Je n’ai pas blasphémé Dieu;
  2. Je n’ai pas agi avec violence;
  3. Je n’ai pas été de mauvaise humeur;
  4. Je n’ai pas été sourd aux paroles de vérité;
  5. Je n’ai pas été bavard;
  6. Je n’ai pas dit de mensonge;
  7. Je n’ai pas inspiré de craintes;
  8. Je n’ai pas pollué les eaux;
  9. Je n’ai pas insulté le roi;
  10. Je n’ai pas été hautain.

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Homme Kuba Kongo et Jeune femme soudanaise.

  • Indj her tjen imyou oushet tjen net MaâtySalut à vous qui êtes dans cette salle des deux Maât;
  • N tou gerge Vous qui êtes exempts de mensonge;
  • Ma tjen wi ii kwi her tjen Me voici venu à vous;
  • Nen isfet i, nen hebent i, nen djout i, nen meterou i, nen ir n i het r ef Sans péchés, sans délits, sans vilenie, sans accusateur, sans quelqu’un contre qui j’ai sévit;
  • Iou ir n i djedet remetj herout ntjerou her esJ’ai fait ce dont parle les dieux, ce dont se rejouissent les dieux;
  • Iou sehtep n i ntjer m merret ef J’ai satisfait le dieu (Ousiré) par ce qu’il aime;
  • Iou i redi n i t n heker J’ai donné le pain à l’affamé;
  • Mou n ib De l’eau à l’altéré;
  • Hebes n hayou Des vêtements à celui qui était nu;
  • Mehent n iwi Une barque à celui qui n’en avait pas;
  • Nehem wi iref tjen hewi wi nen semi tjen r i m bah (ntjer aa) Alors sauvez moi, protégez moi, ne faites pas de rapport contre moi devant (ce grand dieu (Ousiré);
  • Ink wab ra wab awi Je suis pur de bouche, pur de mains.

L’absence d’esclavage, l’absence de génocide face à l’influence étrangère, la quasi-absence de famine, l’absence de sans-abris, une forte solidarité, des guerres menées avec un minimum d’effusion de sang, des rois aimés qui régnaient pour le bien de leur peuple et l’hospitalité envers les étrangers. L’historienne et géographe Louise Marie Diop-Maes a décrit la société Noire/Africaine antique comme remarquablement humaine. Cela étant dit, le contexte dans lequel nous nous trouvons aujourd’hui nous oblige d’abord à dépasser Isfet. Adolescent Zoulou, Afrique du Sud.

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