L’histoire réelle montre que les innovations voyagent, s’hybrident et se transforment. Or, tout a ses racines en Afrique. Les Orientaux et les Grecs ont étudié l’architecture en Afrique. C’est durant les guerres de Religion que les croisés et les troubadours copièrent les concepts architecturaux d’Orient pour les reproduire en Europe dans le style gothique.
Quand on observe les édifices gothiques de Londres, on constate que leur style architectural n’est pas sans rappeler celui des mosquées de Tombouctou (au Mali), construites au Moyen Âge. En somme, rien de nouveau sous le soleil. Ainsi, on ne peut véritablement comprendre où nous sommes et où nous allons qu’en connaissant nos origines. « Selon l’histoire de l’art classique, le style gothique serait né en Île-de-France (notamment avec la reconstruction de la basilique Saint-Denis par l’abbé Suger). Cependant, l’étude des influences montre que les techniques architecturales n’émergent pas ex nihilo : les échanges culturels et commerciaux à travers la Méditerranée ont favorisé la circulation des savoir-faire techniques ».
L’architecture, la culture et les structures sociales actuelles sont le fruit de millénaires d’échanges à l’échelle mondiale. Déconstruire les récits eurocentrés ou isolants nous permet de rendre à chaque civilisation la contribution qui lui revient au patrimoine de l’humanité. En comprenant comment les civilisations passées ont interagi, innové et partagé leurs connaissances, les sociétés contemporaines peuvent bâtir un avenir fondé sur la coopération, le respect mutuel et la reconnaissance des dettes culturelles réciproques.

