KONGOLISOLO
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Devoir de Mémoire – Débat : La peur inutile du serpent dans la spiritualité. Le serpent est un symbole fondamental présent dans de nombreux mythes fondateurs de la création en Afrique et chez les peuples d’autres continents. Malheureusement, certaines religions étrangères lui ont attribué une connotation exclusivement négative. Ce rejet découle d’une mauvaise interprétation des symboles; (ceux qui ne comprennent pas la richesse symbolique du serpent contribuent à détourner l’attention de sa véritable signification spirituelle; pourtant, même dans la tradition chrétienne, le serpent ne véhicule pas uniquement une image négative); « Jésus lui-même a dit : Soyez prudents comme des serpents et simples comme des colombes. (Matthieu 10,16), reconnaissant ainsi en lui sagesse et intelligence » … (VIDÉO)

Le débat est ouvert : Dans de nombreuses traditions anciennes, le serpent est un symbole de transformation, de transmutation et de protection. Dans l’Égypte antique, par exemple, l’Uræus, le cobra sacré ornant les coiffes des pharaons, représentait la souveraineté, l’autorité divine et la protection. Il était également associé à la vie, au renouveau, à l’énergie de la terre et à la nature cyclique de l’univers. Ainsi, loin d’être une incarnation du mal, le serpent, dans les spiritualités Africaines, est porteur de sagesse, d’évolution et de connexion aux forces cosmiques. « Le redécouvrir, c’est renouer avec notre propre héritage spirituel. Dans la médecine Égyptienne antique, le serpent occupait une place centrale en raison de sa double nature : il est à la fois un symbole de mort et de guérison ».

Ce pouvoir ambivalent lui conférait un rôle important dans les pratiques médicinales et spirituelles. Par exemple, certains charmes associés au serpent étaient utilisés pour se protéger des maladies. L’iconographie Égyptienne illustre également ce symbolisme. Le masque funéraire du pharaon Toutankhamon en est un bon exemple. Le serpent placé sur sa tête n’est pas décoratif ; il revêt une signification profonde. La tête, considérée comme le siège de l’esprit, symbolise le temple intérieur et la transformation. Le serpent, capable de muer, est ainsi perçu comme l’image d’une transformation mentale, le passage de la conscience ordinaire à une conscience supérieure. C’est ce que l’on appelle l’alchimie mentale. Il est intéressant de noter que le mot « Alchimie » provient de Kemet, l’ancien nom de l’Égypte. Ce lien entre le serpent et la guérison ne se limite pas à l’Égypte.

Dans la tradition grecque, deux symboles encore utilisés aujourd’hui illustrent cette continuité. Le caducée d’Hermès, représentant un bâton orné de deux serpents et parfois surmonté d’ailes, est souvent associé à la médecine. On trouve également le bâton d’Asclépios, orné d’un serpent enroulé, symbole de pharmacie. Ainsi, de l’Égypte antique aux pratiques modernes, le serpent demeure un puissant symbole de guérison, de transformation et de connaissance. Le serpent revêt également une symbolique profonde dans diverses traditions spirituelles à travers le monde. Dans la spiritualité hindoue, il représente la force vitale appelée Kundalini. Cette énergie, située à la base de la colonne vertébrale, dans la région des organes reproducteurs, peut être éveillée par la maîtrise de soi et la canalisation de l’énergie sexuelle. Une fois éveillée et non dissipée, cette énergie remonte le long de la colonne vertébrale, activant les glandes endocrines supérieures telles que l’hypophyse et la glande pinéale. Ce processus permet à l’aspirant d’accéder à une forme supérieure de conscience, à la clairvoyance et à l’ouverture aux réalités subtiles des mondes intérieurs ou hyperphysiques.

En Afrique, le serpent occupe une place importante dans les croyances traditionnelles. À Madagascar, par exemple, le Fanano ou Fagnano est un serpent, parfois un lézard, considéré comme la réincarnation de l’âme d’un défunt. Chez les Betsileo, le troisième groupe ethnique du pays, cette croyance est largement répandue et s’accompagne d’un véritable culte en l’honneur de cet animal sacré. En Côte d’Ivoire, chez les Dida, peuple connu pour sa farouche résistance à la colonisation française, les reptiles tels que l’alligator et le serpent sont considérés comme des totems, c’est-à-dire des animaux protecteurs. Ils symbolisent la force, la protection ancestrale et un lien spirituel avec les forces de la nature. Chez les Bahima du Kongo, d’Ouganda et du Rwanda, il est courant de croire que les esprits des princes et princesses défunts se réincarnent sous forme de serpents. L’une des expressions les plus fascinantes de la vénération du serpent se trouve au Bénin. Là-bas, le python est non seulement considéré comme une créature divine, mais aussi associé à la victoire militaire.

Pour le peuple Fon, le python est un animal sacré dont la chasse est strictement interdite. Dans leur mythologie, le serpent Dan est présenté comme une force primordiale impliquée dans la création de l’univers. Dans le vaudou, le serpent symbolise la réincarnation, la mue étant perçue comme un changement de forme et un signe d’évolution. Le nom « Dahomey », ancien nom du Bénin, peut se traduire littéralement par « Dans le ventre du serpent », renforçant l’idée de la place centrale de cet animal dans la cosmogonie locale. « Dans cette tradition, le serpent est un symbole de régénération, de sagesse et de puissance, comme pour dire : « Quel que soit son âge, il conserve une force et une puissance immuables ». Ainsi, bien au-delà des représentations occidentales souvent péjoratives, le serpent incarne la transformation, la sagesse, la protection et la force vitale dans de nombreuses cultures ».


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