Des procureurs Blancs/Américains ont requis leur placement dans un centre de détention pour mineurs jusqu’à l’âge de 21 ans, une peine qui leur a été infligée de facto lors d’un procès sans représentation légale ni respect des procédures légales pour agression sexuelle et exhibitionnisme. L’affaire a fait sensation aux États-Unis et a également suscité l’attention internationale, provoquant des protestations de la part d’autres gouvernements et des critiques de la presse internationale. L’un des jeunes Noirs/Américains a expliqué: « Un des petits enfants a suggéré à une des filles Blanches de nous embrasser sur la mâchoire. Il a dit que la petite fille m’avait embrassé sur la mâchoire, puis qu’elle avait embrassé David sur la joue. Alors, nous n’y avons pas prêté attention. Nous n’étions que des petits enfants, mais la petite fille blanche a raconté du baiser à tout le monde chez elle, et ses parents étaient furieux».
Les policiers Blancs/Américains racistes se sont mis à la recherche des deux garçons Noirs/Américains. James, 9 ans, et David, 7 ans, ont été accusés d’agression sexuelle, et leur punition a commencé immédiatement. « Ils nous ont emmenés à l’arrière du commissariat, dans une cellule, et ils nous ont menottés. Ils ont commencé à nous frapper, explique James. Ils nous frappaient partout, vous savez ? Ils ne nous frappaient pas au visage, là où personne ne pouvait nous voir; ils nous frappaient partout: au ventre, dans le dos, aux jambes. Nous criions sans cesse. Nous pensions qu’ils allaient nous tuer. »
L’affaire a fait la une des journaux du monde entier et a été surnommée « L’affaire du baiser » par de nombreux quotidiens. Durant cette épreuve, des membres du Ku Klux Klan, groupe raciste Blanc/Américain local, ont brûlé des croix devant les maisons des familles des garçons, et des coups de feu ont été tirés sur les habitations. Dans une interview accordée à la radio publique nationale Américaine (NPR) en 2011, la famille Thompson, dont les deux garçons étaient Afro-Américains, a déclaré se souvenir encore des balles sifflant près de leur porche et des croix brûlant devant leur maison.
Finalement, le gouverneur de Caroline du Nord libéra les deux garçons début 1959 après trois mois de détention. Ni lui ni les autorités de Monroe ne présentèrent jamais d’excuses aux deux jeunes Noirs/Américains innocents ni à leurs familles. Tout au long des années 1950, plusieurs Noirs/Américains furent assassinés par des Blancs/Américains à cause de femmes Blanches. Pour un Noir/Américain, croiser le regard d’une femme Blanche dans la rue était synonyme de danger. Cet incident du baiser nous a une fois de plus révélé le vrai visage de l’homme Blanc/Occidental/Américain.

