Monsieur Mitterrand a ouvertement pris position en faveur de Paul Biya, alors président de la République du Kameroun depuis un peu plus d’un an : « Nous sommes à l’aise avec vous ! » Le président socialiste a ajouté : « Je vous apporte les salutations de la France, votre amie ! » Ces expressions sont lourdes de sens. Les mots étaient bien choisis pour marquer une rupture avec l’ancien président qui s’était alors installé à Garoua, sa ville natale.
Décoloniser les mentalités est la condition préalable à la véritable libération d’un peuple; car rien n’est plus redoutable que la domination culturelle, et la libération passe par la décolonisation mentale. Thomas Sankara, de regrettée mémoire, affirmait que nous devons rééduquer notre peuple Noir/Africain en l’amenant à se prendre en main, à s’accepter et à être fier de lui-même. Malheur au peuple Noir/Africain qui a choisi la culture des barbares comme modèle. « Ceux qui nous ont endettés ont joué comme au casino; quand ils gagnaient, il n’y avait pas de débat, maintenant qu’ils ont perdu à leur propre jeu, ils réclament le remboursement et on parle de crise. Ils ont joué et ils ont perdu, ce sont les règles du jeu et la vie continue ».
Sur le plan culturel, faute de points de référence, les Noirs/Africains prennent malheureusement la culture des Blancs/Occidentaux pour modèle ! Un peuple caractérisé, culturellement, par la barbarie et des pratiques contre nature. Malheur à vous, peuple Noir/Africain, lorsque vous vous revendiquez, consciemment ou inconsciemment, comme les héritiers d’un peuple (sauvage, nudiste, animiste, barbare). « Comment pouvez-vous, vous, Noirs/Africains, vous permettre le luxe d’avoir pour modèle un peuple plus bête que les bêtes ? Ainsi, psychologiquement, intellectuellement et spirituellement, vous devenez immédiatement une copie de ce peuple pervers. Si d’autres ont leur propre mode de vie, ayons aussi celui que nous choisissons. Le plus important est d’avoir amené les gens à avoir confiance en eux, à comprendre qu’en fin de compte, ils peuvent s’asseoir et écrire sur leur développement, ils peuvent s’asseoir et écrire sur leur bonheur, ils peuvent exprimer leurs désirs et comprendre en même temps le prix à payer pour ce bonheur ».
Quel gâchis ! Chaque fois que nous écoutons ou lisons Thomas Sankara, nous nous disons que nous avons manqué un tournant décisif de notre histoire. Un visionnaire bien en avance sur son temps et sa génération. Il reste plus pertinent que jamais, et l’écho de ses messages résonne encore plus fortement dans l’esprit des nouvelles générations de Noirs/Africains. Ce n’est pas pour rien qu’ils l’ont assassiné ou fait assassiner ! « Nous recherchons désespérément la reconnaissance de ceux qui nous ont rendus malheureux, comme si nous étions incapables d’établir nos propres critères de jugement ! C’est notre profonde ignorance de nos propres cultures qui leur confère leur pouvoir. (By; Thomas Sankara) ».

