Le langage le plus ancien était une forme d’onomatopée reproduisant des sons par la simulation ou l’imitation du bruit particulier associé à chaque être vivant, force élémentaire ou objet. Prenons par exemple le nom de la déesse Tefnout, née de la salive de son père Atoum, qui contient le mot « Tef », signifiant « Cracher », et qui imite simultanément le son produit par le crachat. Prenons également l’exemple de Shou, la sœur jumelle et épouse de Tefnout, que l’on croit née de l’éternuement de son père Atoum, dont le nom imite le son d’un éternuement. Il en va de même pour presque tous les mots que nous utilisons aujourd’hui, comme « Chat », qui prend ici la forme de « Maù » ou « Mahu », qui est aussi le son du miaulement d’un chat; Etc. (Source : Gerald Massey).
Peuples Noirs/Africains : Voici, en résumé, la pensée cosmologique Noire/Africaine la plus aboutie de notre époque. C’est cette pensée qui a ancré la philosophie et la spiritualité Noires/Africaines dans un mouvement dynamique intégrant les particules infiniment petites de la physique quantique, les planètes et les galaxies infiniment grandes, et l’humanité infiniment complexe. Tout est lié; tout participe à l’aventure cosmique organisée par étapes.
- 1. L’unité de la réalité issue de l’eau, matière chaotique :
Indifférenciée, là où intervient la symptote ou le Big Bang (Égypte), Amma des Dogons, MBOG des Bassas, Nun des vibrations quantiques (Égypte) ; Nommo des Dogons ; yomog des Bassas ; dane sandyi des Bambaras, le « Vide » vivant de la physique quantique. « Atum » (Égypte), la particule primordiale, inconnaissable, incréée dans le Nun ; Tum (Bassa) ceci implique une fluctuation, une catastrophe (mathématique) ou une rupture de symétrie (physique théorique) qui engendre le mouvement. Yereyereti (tourbillon bambara) ; amas spiralé dogon; sonkum Bassa; spirale de création ashanti par la dynamique des particules.
- 2. La transformation de la matière :
L’émergence de l’ordre à partir du désordre : l’apparition de Râ (Lumière, Soleil) et Atoum devenant Râ; Job (Bassa); Nlô dzop (Fang-Béti). L’activation de Khéper-Râ (Égypte), la loi de transformation de la matière dans l’espace-temps qui intègre les principes de la thermodynamique : conservation de l’énergie, désordre, entropie, puis complexité et néguentropie ; Helba (Bassa), tchende (Eton, Fang-Béti).
- 3. L’Antagonisme complémentaire des essences fondamentales :
L’instabilité due à une asymétrie fondamentale – l’ordre, Osiris (ordre, matière) contre Seth (désordre, antimatière) – est suivie de l’émergence d’un résidu particulaire, Horus (Égypte), Horo (Bassa). La complexité et l’organisation (Maât (Égypte), Maté (Sawa-Duala), Mawu (Fon, Yoruba), Maweja Nangila (Luba), Maa Ngala (Bambara), Mahano (Nyoro)) capturent le désordre ; la force, le flux d’énergie (meheturt), assure la victoire de l’ordre, ou d’Horus, par le nombre d’or.
- 4. La théorie de l’information :
Thot (Égypte), Ngambi (Bassa), Ifa (Fon et Yoruba), qui organise la complexité et la flèche du temps.
- 5. La théorie synthétique de l’évolution vers la complexité de l’Univers :
La naissance des étoiles, des supernovas, des minéraux, des gaz, des planètes, des galaxies, des plantes et des animaux. L’humanité, dernier maillon provisoire de la chaîne de la création. L’humanité n’est ni maîtresse ni possessrice de la nature (Descartes), mais gardienne et garante de l’ordre universel.

