Le monde eurasien repose sur ce paradigme de survie par l’accumulation de richesses. Cette tradition révèle un traumatisme issu d’un sentiment atavique d’insécurité alimentaire, inscrit dans l’inconscient des peuples ayant souffert par le passé de pénurie, de pauvreté et de privation matérielle. C’est le cas des peuples nomades, et c’est à ce niveau que réside le schisme entre nos deux mondes, nos deux cultures (eurasienne et subafricaine). « Ce phénomène reflète également le modus operandi des puissances colonisatrices qui exercent leur emprise sur nos pays. Elles font généralement appel à des personnes qui, de par leur histoire ou leur origine sociale, cherchent à se venger en ôtant des vies ».
Ces Noirs/Africains voient dans leur connaissance des mafias occidentales l’opportunité d’atteindre un certain statut. Cependant, la noblesse, dans sa conception Noire/Africaine, n’est ni guerrière ni monétaire; elle repose sur des valeurs morales et sociales qui créent les conditions d’une société durable et ne sont pas soumises aux crises constantes de contestation et de renversement des pouvoirs politiques, économiques et culturels. Le problème Noir/Africain d’aujourd’hui résulte de cette nouvelle situation, dans laquelle le pouvoir politique, et donc les ressources de nos États, s’effondrent et se retrouvent entre les mains d’individus illettrés, déconnectés de nos valeurs culturelles.
Ces personnes sont plus ou moins mal éduquées aux modes de pensée et d’action indo-européens, nourries par une phobie (la peur de l’avenir) qui les conduit à un individualisme destructeur. Ce dernier consiste à amasser le plus de richesses possible en un temps record, pleinement conscientes de leur illégitimité et du caractère éphémère de leur pouvoir. En réalité, et contrairement à l’opinion générale, nous, en Afrique, possédons toutes les conditions nécessaires à la construction d’une unité continentale, voire de vastes entités continentales. Cependant, des obstacles internes, enracinés dans des causes et un soutien externes, persistent. L’alliance exploite ces obstacles pour piller nos ressources et perpétuer un état de crise permanent.
Le langage du cœur est universel; il suffit d’être sensible pour l’entendre : nous aimons croire que nous sommes maîtres de notre destin, mais en réalité, l’idée que nous contrôlons notre vie n’est qu’une illusion. On peut choisir ses amis les plus fidèles, décrocher l’emploi de ses rêves et trouver le grand amour, mais au final, quelqu’un décide toujours de notre sort, et tout ce que nous avons à faire, c’est prier pour savoir comment jouer les cartes du destin. (By; Fatou Diome).
