En 1960, Peter Buxton, chercheur en maladies vénériennes au sein du Service de santé publique des États-Unis (PHS) à San Francisco, fit part à sa hiérarchie de ses inquiétudes quant au caractère contraire à l’éthique de l’étude après avoir pris connaissance de l’expérience de Tuskegee. En conséquence, les responsables du PHS formèrent un comité chargé d’examiner l’étude et décidèrent de la poursuivre. En 1972, Jean Heller, de l’Associated Press, révéla l’affaire aux grands médias. Cette révélation provoqua l’indignation des communautés Noires/Africaines à travers le pays et contraignit les autorités à interrompre l’étude.
Cet événement a conduit à la publication du rapport Belmont en 1979 et à la création du Comité national d’éthique de la recherche impliquant des êtres humains. Il a également mené à la mise en place du Comité d’éthique de la recherche (CER), un comité d’éthique indépendant chargé d’examiner les méthodes de recherche proposées afin de garantir leur conformité aux principes éthiques. Une indemnisation de 10 millions de dollars a également été versée aux participants survivants et aux héritiers des personnes décédées.
En 1997, le président Bill Clinton a présenté des excuses officielles depuis la Maison-Blanche, reconnaissant que le gouvernement des États-Unis avait commis une faute grave et profondément immorale. « Ce n’est pas seulement en nous souvenant de ce passé honteux que nous pouvons réparer nos erreurs et panser les plaies de notre nation, mais c’est aussi en nous souvenant de ce passé que nous pouvons bâtir un présent et un avenir meilleurs ».
