Chers frères et sœurs Noirs/Africains, savez-vous que l’ignorance sur certains sujets n’est pas le fruit du hasard ? Nous cherchons désespérément à exploiter l’humanité en concentrant notre attention sur des divertissements qui étouffent le développement de notre intelligence. Or, les ignorants sont plus utiles à ceux qui gouvernent ce monde, car leur mode de consommation est entièrement axé sur la reconnaissance par d’autres communautés et sur le désir de se distinguer socialement du prolétariat de leur propre communauté. L’un des moyens les plus radicaux d’empêcher les gens de penser est de les enfermer dans un cycle de travail, de consommation et de divertissement. C’est le mode de vie auquel aspirent les Noirs/Africains; la notion de production leur est totalement étrangère. « Le peu qu’ils parviennent à gagner est vite dilapidé car ils ne jurent que par le mode de vie Blanc/Occidental, jusque dans les moindres détails, actions et gestes. Quelle étrange et ridicule façon d’aspirer aux privilèges des Noirgeoisies, quelle absurdité ! »
Ce n’est pas un hasard s’ils affectionnent tant les marques et les biens matériels (High-Tech) : ils veulent montrer qu’eux aussi appartiennent à ce monde, qu’ils ne sont pas comme les autres Noirs/Africains. C’est un exercice de réhumanisation; les élites Noires/Africaines font de même. Nous sommes responsables de tout cela; le plus important est sans doute ce que nous laissons s’installer dans nos esprits. Chers frères et sœurs Noirs/Africains, savez-vous qu’il existe deux voies d’apprentissage pour les êtres humains ?? Chaque être humain a deux types de voies d’accès à l’éducation : l’éducation qui lui est imposée sans qu’il y contribue, et l’éducation qu’il se donne lui-même, qui éveille son appétit d’apprendre. De ces deux voies, la seconde est de loin la plus souhaitable, car c’est la seule digne d’une personne, lui permettant de comprendre qu’elle doit se développer et se construire, se maîtriser tout en nourrissant son esprit d’une nourriture bien meilleure. Quel est le sens de la vie, chers Noirs/Africains ?? La vie n’a pas de sens précis, et la vie d’une personne n’a pas de but précis. Tata Nzambé nous a donné la vie afin que nous lui trouvions un sens !
Tata Nzambé ne nous considère pas comme des brebis ayant besoin d’un berger, mais croit que nous sommes assez sages pour trouver un sens à notre vie. Nous sommes tous spirituels, mais nous ne sommes pas tous attentifs à ce qui se passe autour de nous et en nous. Le but n’est pas de feindre l’ignorance, mais plutôt de s’humilier pour mieux comprendre. « Quand on apprend, on est agité; une fois qu’on sait, on devient calme et profond ». Nous naissons ignorants, non stupides; c’est l’éducation qui nous rend stupides. Un médecin optimiste obtient de meilleurs résultats qu’un médecin pessimiste : le pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, tandis que l’optimiste voit l’opportunité dans chaque difficulté. (Le charlatan au grand cœur obtient de meilleurs résultats que le scientifique sceptique. Celui qui vend des miracles à vénérer n’est qu’un charlatan, mais celui qui les achète, même s’il n’aboie pas, n’est qu’un chien).
Le chant des amants Isis et Osiris, la grande joie du cœur, (les termes sœur et frère sont ici à considérer comme amant bien-aimé, métaphore qui exprime un sentiment de parenté plus fort que la simple tendresse. Ce texte du Nouvel Empire (1552 av. J.-C. à 1080 av. J.-C.) a fortement inspiré le chant des hymnes du Cantique des Cantiques.
- Je descends le fleuve en barque au bruit des rames; Mon fagot de roseaux sur mes épaules; J’irais à Memphis et dirais à Ptah, seigneur de vérité; Donne-moi ma sœur ce soir; Mes bras étaient chargés de branches de pensées; Mes cheveux étaient lourds de parfum;
- Il me semble que j’étais la maîtresse de deux pays; Et j’étais près de mon frère; Tu m’as ensorcelée ma sœur fiancée; Tu m’as ensorcelée d’un seul de tes regards ; D’un seul éclat de collier ; Que ton amour est désirable ma sœur fiancée; Chant d’amour d’Isis invitant le défunt Osiris à venir habiter son corps Asèt;
- Viens chez toi, viens chez toi; Ô beau jeune homme, viens chez toi pour me voir ; Je suis ta sœur bien-aimée; Ne te sépare pas de moi beau jeune homme; Viens chez toi; Je ne te vois pas mais; Mon cœur désire se joindre à toi; Il est merveilleux de te contempler; Viens chez celle qui t’aime, qui t’aime, Ô ounen-Nèfer; Viens chez ta sœur, viens chez ta femme; Toi dont le cœur a cessé de battre; Viens chez la maîtresse de ta maison; Je suis la sœur de la même mère;
- Ne t’éloigne pas de moi, les Dieux et les Hommes se sont tournés vers toi; Et ils te crient parce qu’ils me voient; Je t’appelle et je crie si fort; Qu’on l’entend dans le ciel; Mais tu n’entends pas ma voix ? Je suis la sœur que tu as aimée sur cette terre; Tu n’as aimé aucune autre femme; En dehors de moi, ô mon frère, ô mon frère Nephtys. « Reviens à cette heure mon maître, toi qui es parti; Pour faire ce que tu veux sous les arbres; Tu as éloigné ton cœur de moi à des milliers de lieues; Avec toi seul je désire faire ce que j’aime; Si tu vas dans l’au-delà je t’accompagnerai »;
- Je suis venue par amour pour toi; Tu délivres mon corps de ton amour; j’ai purifié ma bouche. J’ai mâché du natron; je me suis encensée avec de l’encens placé sur la flamme; Je suis pure, lustrée et encensée, par le natron qui est venu d’El Kab, par l’encens qui est venu de Pount, par le parfum de l’œil d’Horus. Qu’elles sont pures les transfigurations d’Osiris.
Qu’elles sont belles les transfigurations d’Osiris. Qu’elles sont magnifiques les transfigurations d’Osiris. « Isis : Viens à Celui qui t’aime ; Viens vers ta femme; Viens vers ta femme; Ô toi qui défaille; Viens à la maîtresse de ta maison; Je suis ta sœur bien-aimée, ne t’éloigne pas de moi ».

