En échange du rôle maternel de la déesse Terre, Dieu a donné à l’homme quatre prescriptions majeures : « 1. L’institution d’une période sabbatique durant laquelle les travaux agricoles sont suspendus afin de permettre à la Terre de se reposer et de se régénérer. 2. L’interdiction de profaner la Terre sacrée, lieu de repos éternel des âmes bienveillantes, avec les corps des suicidés et de ceux dont la mort n’a pas respecté le code d’honneur en vigueur. 3. L’organisation d’une cérémonie pénitentielle populaire destinée à apaiser la colère de la Terre lorsqu’elle punit les transgressions humaines par des catastrophes naturelles; Etc. 4. L’obligation d’enterrer un morceau du cordon ombilical de chaque nouveau-né afin que l’être humain reste lié à sa terre, à son peuple et à son Dieu ».
Les jeunes mères porteront le titre prestigieux de « Meve » (la mère de l’art ou l’artiste). Le père ne sera pas « Ta’a ve » (le père de l’art), mais seulement « Ta’a Meve » (le père de la mère de l’art). Une femme mariée qui meurt sans avoir jamais conçu sera enterrée avec une pierre dans la paume de sa main. Les humains lui reprocheront ainsi de rendre à Dieu l’instrument de création qu’elle n’a pas su utiliser sur Terre. De même, une jeune femme qui s’assoit sur un rocher, manquant ainsi de respect à la pierre angulaire de l’humanité, risque de ne plus pouvoir concevoir plus tard.
La femme enceinte sera considérée comme un temple sacré, inaccessible aux créations imparfaites. Après l’accouchement, son partenaire s’abstiendra donc de toute relation sexuelle avec elle jusqu’au sevrage de l’enfant. Toute violation de cette interdiction sera considérée comme une profanation d’un lieu sacré. Le droit de cultiver la terre, avec laquelle elle partage les mêmes attributs de fertilité, appartiendra en premier lieu à la femme.

